Publié le 14 février 2024 11h37:00. Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a appelé à Munich à une refonte de l’ordre mondial, critiquant une approche qu’il juge trop naïve et déconnectée des réalités géopolitiques, tout en réaffirmant la volonté des États-Unis de travailler avec l’Europe.
- Marco Rubio estime que l’Occident a commis des erreurs en pensant que la fin de l’histoire avait été atteinte et en négligeant la nature humaine.
- Il critique l’affaiblissement de la souveraineté nationale au profit d’institutions internationales et les politiques vertes qu’il juge préjudiciables à la compétitivité économique.
- Rubio plaide pour une réforme en profondeur des Nations Unies, qu’il juge souvent impuissantes face aux crises majeures.
Lors de la Conférence de Munich sur la sécurité, le secrétaire d’État américain a dénoncé une « dangereuse illusion » née du triomphe de l’après-guerre. Selon lui, l’euphorie de cette victoire a conduit à croire que la démocratie libérale allait s’imposer partout, que le commerce suffirait à garantir la paix et que l’intérêt national s’effacerait au profit d’un ordre mondial fondé sur des règles.
« Sous la présidence de Trump, les États-Unis d’Amérique assumeront à nouveau la tâche du renouveau et de la reconstruction, guidé par la vision d’un avenir aussi fier, souverain et vital que le passé de notre civilisation. Et même si nous sommes prêts, si nécessaire, à le faire nous-mêmes, nous préférons et espérons le faire avec vous, nos amis ici en Europe. Pour les États-Unis et l’Europe, nous sommes unis. »
Marco Rubio, secrétaire d’État américain
Rubio a insisté sur le fait que cette vision était « folle » car elle ignorait la nature humaine et a conduit l’Occident à « externaliser de plus en plus sa souveraineté » aux institutions internationales. Il a également critiqué les politiques sociales généreuses, estimant qu’elles affaiblissaient la capacité des nations à se défendre. Il a également fustigé les politiques environnementales, les qualifiant de soumission à une « secte climatique » qui, selon lui, appauvrira les populations occidentales pendant que leurs concurrents continueront à exploiter les ressources fossiles.
Le secrétaire d’État a également mis en garde contre les conséquences d’une politique migratoire trop ouverte, qu’il juge menaçante pour la cohésion sociale et l’identité culturelle des nations.
« Nous avons commis ces erreurs ensemble et maintenant, ensemble, nous avons le devoir envers notre peuple de faire face à la réalité et d’aller de l’avant. »
Marco Rubio, secrétaire d’État américain
Concernant les organisations internationales, et notamment l’ONU, Rubio a appelé à une « reconstruction et une réforme » pour leur permettre de relever les défis actuels. Il a reconnu le « potentiel énorme » de l’ONU, mais a souligné son incapacité à résoudre des crises majeures telles que celles qui sévissent à Gaza et en Ukraine. Il a admis que la diplomatie et les résolutions ne suffisent pas toujours et que les États qui menacent la sécurité mondiale ne peuvent pas se cacher derrière des abstractions juridiques qu’ils violent régulièrement.