Publié le 2025-10-31 21:17:00. Portrait d’un jeune prodige du surf, Cormac O’Brien, dont le talent brut et le style anticonformiste le placent au centre d’une nouvelle vague dans le monde du longboard. Un film documentaire, « Wanted », retrace son ascension fulgurante, marquée par des exploits sur l’eau et une reconnaissance inattendue, notamment de la part de légendes comme Joel Tudor.
- Cormac O’Brien, adolescent au style affirmé, impressionne par son surf audacieux et sa maturité, bien au-delà de son âge.
- Un film intitulé « Wanted : A Cormac O’Brien Surf Film », réalisé par Jacques Richard, célèbre son parcours.
- Le jeune surfeur, originaire de la côte centrale et élevé dans la baie Sud, a récemment obtenu son permis de conduire et multiplié les projets créatifs avec ses amis.
Le voyage de Cormac O’Brien dans le monde du surf semble tout droit sorti d’une histoire. L’été dernier, lors d’un séjour dans la Baja Californie, un jeune surfeur a particulièrement marqué l’observateur : avec ses 1,50 mètre, environ 50 kilos tout mouillé et des cheveux blonds fraise, il affichait une aisance et une finesse déconcertantes sur des vagues de belle taille, franchissant avec une facilité déconcertante les obstacles du rivage rocheux. Son prénom, Cormac, était tout ce que l’on avait retenu à l’époque.
Des mois plus tard, une nouvelle rencontre visuelle via Instagram confirme l’identité du jeune prodige. La même silhouette souple, le même nez de planche effleurant l’eau, la même capacité à enchaîner les manœuvres avec la puissance d’un surfeur bien plus âgé. C’était bien lui, capturé dans l’action.
Depuis cet été, la carrière de Cormac a pris une nouvelle dimension. Permis de conduire en poche, exploration de la Côte-Nord, participation à la compétition Loggerhead, et une avalanche de vidéos et de sketchs créés avec ses complices, notamment Jake Richards et Nick Terrazas. Son passage remarqué, voire controversé, à Malibu lui a valu des menaces d’« expulsion », mais a surtout suscité le soutien de poids lourds du surf, comme Joel Tudor, qui a publiquement conseillé au jeune homme de ne pas prêter attention aux critiques.
Aujourd’hui, ce parcours est au centre du film « Wanted : A Cormac O’Brien Surf Film », une réalisation de son ami et collaborateur fréquent, Jacques Richard. Une projection est prévue le 1er novembre à l’Aquatech Glassing Factory à Hermosa Beach, de 19h à 21h. L’événement sera également l’occasion pour Tyler Hatzikian de présenter et de vendre quelques-unes de ses planches de surf.
La genèse de « Wanted »
Cormac O’Brien évolue depuis des années sur les planches de Tyler Hatzikian, dont un modèle double step-deck de 9’3″ qu’il décrit comme « magique ». Son style, fortement influencé par des figures comme Al Knost (qu’il a d’ailleurs imité avec brio dans une vidéo), Tommy Witt, Mike Purpus et Joel Tudor, se retrouve dans ses choix de matériel, incluant également des shapes de Matt Grote.


Né sur la côte centrale californienne mais principalement élevé dans la baie Sud, Cormac a bénéficié des conseils avisés de son père, lui-même surfeur accompli. Lors d’un entretien accordé à « Surfer Magazine » avec Jake, les deux jeunes hommes débordaient encore d’énergie après un été particulièrement intense, fait de vidéos, de compétitions et de quelques « polémiques » mineures. Leur conversation d’une heure fut ponctuée de rires et d’anecdotes qui illustrent parfaitement cette nouvelle génération de surfeurs, axée sur le fun et l’authenticité.
SURFER : Cormac, as-tu déjà connu une période où tu as été tenté par les shortboards de performance ?
Cormac : « Non, ce n’était même pas une option. Mon père m’avait dit : ‘Tu ne peux pas surfer avec ça 90 % du temps ici’. » Cette sagesse paternelle semble avoir porté ses fruits, Cormac disposant aujourd’hui d’un quiver impressionnant, incluant des planches bon marché achetées en ligne et dont plusieurs apparaissent dans le film de 2007 « Explorer », tourné par Jake juste après l’obtention du permis de conduire de Cormac.
SURFER : Alors, comment s’est passé ce moment où tu as enfin eu ton permis ?
Cormac : Oh mec, c’était génial…
Jacques : « Oui, mais c’était aussi un peu chaotique. Il a failli percuter quelques voitures, heureusement, tout s’est bien terminé. Nous avons d’ailleurs fait un montage uniquement à partir de ces deux ou trois jours. »
Le duo créatif formé par Cormac et Jacques fonctionne à merveille, chaque idée trouvant rapidement son prolongement. Leur rencontre initiale a eu lieu lors d’une session à Loggerhead, Jake ayant filmé un « tube » impressionnant de Cormac. Quelques mois plus tard, une coïncidence à l’aéroport a scellé leur collaboration.
Cormac : « Nous faisions tous les deux des voyages en solo sur la Côte-Nord, en espérant croiser quelqu’un. On est arrivés à l’aéroport et on s’est dit, ‘Dieu merci’. J’avais un surfeur et toi un vidéaste, ça collait parfaitement. »

Bannis de Malibu ?
SURFER : Racontez-nous cet été et ce qui s’est passé à Malibu.
Jacques : « C’était dingue. Nous avons eu tellement de bonnes images en quelques jours que nous avons tout de suite voulu faire un film. Mais le rebondissement inattendu est arrivé quand… enfin, Cormac, tu racontes cette partie ?
Cormac : « Oui, j’ai beaucoup surfé là-bas en mai et juin, et tu sais comment c’est, c’est Malibu. C’est un peu un zoo, et oui, j’ai brûlé pas mal de monde (rires). Quand j’étais plus jeune, Tommy Witt m’avait dit : ‘Si tu surfes à Malibu et que tu n’as pas de poils aux aisselles, tu peux passer devant tout le monde.’ Je ne sais pas si c’est encore d’actualité, mais je n’ai toujours pas de poils aux aisselles. (rires) »
« Toujours est-il qu’après cette période de surf intense en mai-juin, je suis parti au Mexique filmer un groupe avec mon ami Stu, qui a tout enregistré avec sa Handycam. Un jour, à mon retour, je surfais à Malibu avec mon père. Nous avons pris une vague ensemble, j’étais devant lui. On jouait, on se charriait, on se criait dessus. Mon père est tombé, et j’ai continué. Là, un type s’est approché de lui et lui a dit : ‘Je n’arrive pas à croire ce gamin, il fait ça à tout le monde, c’est ridicule.’ Mon père a joué le jeu, et le gars a ajouté : ‘Je suis de la Malibu Surfing Association, nous avons une réunion à propos de Cormac ce week-end car nous envisageons sérieusement de l’expulser de Malibu.’ »
« Mon père m’a alors dit : ‘Ah, eh bien, bien joué mec !’ Il a juste rigolé. Mais ils étaient vraiment sérieux. L’histoire s’est répandue. J’en ai parlé à tous mes amis, je trouvais ça hilarant. L’un d’eux a même fait une affiche disant que j’avais été banni de Malibu, et je l’ai postée. Puis Joel [Tudor] a vu qu’ils essayaient de me virer de Malibu, et ça ne lui a pas plu… »
« J’ai reçu un appel de Joel. Son fils Judah est l’un de mes meilleurs amis. C’est Judah qui m’a appelé pour me dire : ‘Yo, mon père veut te parler.’ Et je me suis dit, ‘Oh merde.’ Quand j’ai parlé à Joel, il m’a dit : ‘Hé, je veux juste que tu saches. N’écoute pas ces gens.’ Il était vraiment en colère. ‘Aucun d’entre eux n’est vraiment de Malibu de toute façon, ils ne savent pas surfer. Si tu as des problèmes, fais-le moi savoir…’ »
« Ensuite, il a commencé à venir souvent à Malibu, avec Judah, et nous avons surfé ensemble. Joel participait, je pense que c’était parce que, quand il était jeune, il n’était pas le bienvenu dans beaucoup d’endroits non plus… »

SURFER : C’est incroyable, mec. Une histoire formidable. Comment tout cela a-t-il évolué ensuite ?
Jacques : « Eh bien, nous savions que nous voulions faire un film, et Cormac voulait inclure certaines séquences de Stu. J’ai eu l’idée de les assembler comme s’il avait fui Malibu, ce qui a très bien fonctionné avec le style Handycam. Il faudra absolument aller voir. »
Que l’on apprécie ou non son style, une chose est sûre : Cormac O’Brien laissera une empreinte durable à Malibu pendant des décennies. Le film « Wanted » sera projeté la semaine prochaine, et nous mettrons à jour cette histoire avec plus de détails.
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