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La Cour suprême annule le verdict du HC d’Allahabad selon lequel saisir les seins d’un mineur et desserrer le cordon d’un pyjama n’était pas une tentative de viol

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Publié le 18 février 2026 10h36. La Cour suprême indienne a annulé une décision controversée d’une Haute Cour régionale qui avait jugé que des gestes précurseurs d’une agression sexuelle sur une mineure ne constituaient pas une tentative de viol, rétablissant ainsi les poursuites initiales.

  • La Cour suprême a estimé que la Haute Cour d’Allahabad avait mal interprété le droit pénal en considérant que les faits reprochés aux accusés n’étaient qu’une « préparation » et non une « tentative ».
  • L’affaire concerne des accusations de saisie des seins d’une fillette de 11 ans et de tentative de défaire le cordon de son pyjama.
  • La Cour suprême a souligné que seule l’intervention de tiers avait empêché la commission du viol.

La Cour suprême indienne a rétabli les poursuites dans une affaire d’agression sexuelle sur une mineure, annulant une décision de la Haute Cour d’Allahabad qui avait jugé que les actes commis ne constituaient pas une tentative de viol. Cette décision intervient après une procédure suo motu (d’office) initiée l’année dernière suite à la polémique suscitée par le jugement initial.

La Haute Cour avait initialement modifié l’ordonnance de convocation émise par un tribunal spécial POCSO (Protection of Children from Sexual Offences Act), estimant que les accusations ne révélaient pas une tentative de viol, mais relevaient plutôt de l’article 354B du Code pénal indien (agression ou usage de la force criminelle avec intention de déshabiller), passible de peines moins sévères. Les juges avaient considéré que les actes reprochés aux accusés n’avaient pas franchi le seuil d’une « tentative » mais se limitaient à une « préparation ».

La Cour suprême a fermement rejeté cette interprétation. Elle a rappelé que la jurisprudence pénale établit une distinction claire entre la préparation et la tentative, et que dans ce cas précis, les actions des accusés démontraient une intention criminelle clairement engagée. Selon la Cour, l’intervention de témoins extérieurs a été le seul facteur ayant empêché la commission du viol.

« Les faits allégués étant tels, nous ne pouvons souscrire à la conclusion de la Haute Cour selon laquelle les allégations ne constituent qu’une préparation, mais non une tentative, en vue de la perpétration du délit de viol. La tentative faite par les accusés apparaît clairement et nous conduit inévitablement à conclure que, prima facie, la plaignante et l’accusation ont établi des arguments en faveur de l’invocation des dispositions relatives à la tentative de viol. »

Cour suprême de l’Inde

Le tribunal, composé du juge en chef de l’Inde Surya Kant, du juge Joymalya Bagchi et de la juge NV Anjaria, a rétabli l’ordonnance de convocation initiale, ordonnant que les accusés soient jugés en vertu de l’article 376 du Code pénal indien (viol) lu avec l’article 18 de la loi POCSO (tentative de commettre une infraction). La Cour a également confirmé que le procès se déroulerait sur la base de cette ordonnance initiale.

L’affaire a été déclenchée par une plainte déposée par la mère de la victime. Le tribunal spécial POCSO de Kasganj avait initialement convoqué deux accusés, Pawan et Akash, en vertu des articles pertinents du Code pénal et de la loi POCSO. L’accusation soutient que les accusés ont saisi les seins de la fillette et qu’Akash a tenté de défaire le cordon de son pyjama et de la traîner sous un pont.

La Cour suprême a souligné que la Haute Cour avait commis une « erreur manifeste » dans son application des principes juridiques. Elle a fait référence à un arrêt antérieur, État du Madhya Pradesh c. Mahendra alias Golu (2022), pour expliquer la différence entre la préparation et la tentative, soulignant qu’une tentative implique l’exécution de l’intention criminelle après une phase de préparation.

La Cour a conclu que les accusés avaient agi avec une « intention prédéterminée » de commettre un viol, et que leur action n’avait été interrompue que par l’arrivée de témoins. Elle a précisé que ses observations ne préjugent en rien de la culpabilité des accusés.

Il est à noter qu’une précédente formation de la Cour suprême, comprenant les juges BR Gavai et AG Masih, avait suspendu les paragraphes 21, 24 et 26 du jugement de la Haute Cour en mars dernier, exprimant son « profond désaccord » et qualifiant la décision de « choquante » et « insensible ». La Cour avait également suspendu l’ensemble du jugement en décembre 2025, en attendant une décision finale.

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