Publié le 16 février 2026 à 11h11. Des équipes palestiniennes de défense civile ont entamé une mission délicate et macabre dans le nord de Gaza : la récupération des corps de milliers de victimes ensevelies sous les décombres, un an et demi après le début des combats. Cette initiative, baptisée « Dignifier les martyrs », témoigne de la volonté de rendre un dernier hommage aux disparus, mais elle se heurte à un manque criant de moyens.
- Près de 9 500 Palestiniens sont encore portés disparus sous les ruines de Gaza.
- La campagne de récupération des corps a débuté à Beit Lahia, sur le site de la maison détruite de la famille Abu Nasr.
- Les équipes de défense civile manquent cruellement d’équipement, notamment de bulldozers et de matériel de protection.
La bande de Gaza est confrontée à une crise humanitaire sans précédent. Les frappes aériennes israéliennes, qui se sont intensifiées depuis le début du conflit, ont laissé derrière elles des montagnes de décombres où reposent les corps de milliers de victimes. L’opération « Dignifier les martyrs », lancée dimanche, vise à offrir aux familles endeuillées la possibilité d’organiser des funérailles dignes pour leurs proches.
La première étape de cette mission poignante s’est concentrée sur Beit Lahia, où la maison de la famille Abu Nasr a été rasée par une frappe aérienne le 29 octobre 2024. Selon les témoignages, près de 200 personnes, des membres de la famille et des personnes déplacées, se trouvaient à l’intérieur au moment de l’impact. Aya Abu Nasr, une survivante, estime qu’environ 150 personnes ont péri dans l’attaque.
« Plus d’un an plus tard, la famille attend toujours de récupérer les restes de ceux qui sont encore enterrés pour les enterrer correctement »,
Aya Abu Nasr, survivante
Elle brandissait des photos de son frère Mohammed, disparu dans les décombres.
Mohammed Tamous, un responsable de la défense civile, a souligné l’ampleur de la tâche qui attend les équipes. La campagne de récupération des corps s’étendra à plusieurs sites dans le nord de Gaza, en ciblant les zones où le nombre de victimes est estimé le plus élevé. Il a également mis en évidence le manque criant de moyens dont souffrent les secouristes.
« Nous manquons de bulldozers et de machines. Le Comité international de la Croix-Rouge nous a fourni un seul véhicule »,
Mohammed Tamous, responsable de la défense civile
a-t-il déclaré, lançant un appel à l’aide aux organisations humanitaires pour obtenir du matériel supplémentaire.
Les conditions de travail sont extrêmement difficiles et dangereuses. Les corps en décomposition présentent un risque sanitaire important, et l’accès limité aux équipements de protection et aux outils de tests biologiques, en raison des restrictions imposées par Israël, complique davantage la tâche des secouristes. Le ministère de la Santé de Gaza a annoncé dimanche avoir retrouvé 726 corps depuis le cessez-le-feu du 10 octobre. Depuis le début du conflit, qui a fait plus de 72 000 morts et plus de 171 000 blessés, environ 90 % des infrastructures civiles de Gaza ont été détruites. Plus de 601 Palestiniens ont été tués et plus de 1 600 blessés lors d’attaques israéliennes depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu.