Publié le 22 février 2026 à 01h13. L’Argentine voit s’aggraver la crise du crédit, avec un taux de défaut de paiement atteignant des niveaux records en décembre 2025, particulièrement chez les ménages. Cette situation inquiétante met en lumière les difficultés croissantes des Argentins à honorer leurs dettes, malgré une légère décélération de l’inflation.
- Plus de 9 % des familles argentines éprouvaient des difficultés à rembourser leurs prêts en décembre 2025.
- Le défaut de paiement global du secteur privé a atteint 5,5 % en décembre, un niveau jamais vu depuis 2010.
- Les prêts personnels et les cartes de crédit sont les produits financiers les plus touchés par cette crise.
La situation du crédit en Argentine s’est considérablement détériorée à la fin de l’année 2025, selon les données de la Banque centrale d’Argentine (BCRA). En décembre, plus de 9 % des foyers étaient en difficulté pour payer leurs dettes, un chiffre alarmant qui témoigne de la fragilité financière de nombreux Argentins.
Dans l’ensemble, le défaut de paiement du secteur privé a atteint 5,5 % en décembre, son plus haut niveau depuis le début des relevés en 2010. Si les entreprises sont également concernées, l’impact est bien plus marqué chez les particuliers, où la situation s’est dégradée plus rapidement.
Prêts personnels et cartes de crédit : les produits les plus vulnérables
Au sein des ménages, le total des arriérés a atteint 9,3 % en décembre 2025, en hausse de 0,5 point de pourcentage sur le mois et de 6,7 points par rapport à décembre 2024. Cette augmentation significative reflète la pression croissante sur le pouvoir d’achat des Argentins.
Les crédits à la consommation sont particulièrement touchés. Les prêts personnels affichent un taux de défaut de paiement de 12 %, soit une multiplication par quatre par rapport aux 3,3 % enregistrés un an plus tôt. Les cartes de crédit ne sont pas en reste, avec 9,3 % du financement en situation d’impayé, une augmentation de 7,4 points en douze mois.
Bien que moins prononcés, les défauts de paiement sur les crédits garantis sont également en hausse, ce qui confirme une tendance générale à la dégradation de la situation financière des emprunteurs.
Pourquoi les impayés augmentent
Une analyse de Combien financez-vous ? met en évidence un facteur clé : l’augmentation du rapport entre les mensualités et le revenu disponible des ménages. Avec le ralentissement de l’inflation, les échéances ne sont plus « liquéfiées » comme auparavant et représentent une part de plus en plus importante du revenu mensuel, réduisant ainsi la capacité de consommation future.
Dans le cas des prêts à taux variable, notamment ceux indexés sur l’UVA (Unité de Valeur Ajustée), le cabinet de conseil souligne que, depuis juillet 2024, le taux d’intérêt réel dépasse l’évolution des salaires réels, créant un écart cumulé qui rend le remboursement de plus en plus difficile.
Face à cette situation, les banques ont commencé à limiter les plafonds des cartes de crédit et à renforcer les critères d’octroi de nouveaux prêts, dans le but de contenir la détérioration de leurs portefeuilles.
Entreprises : une augmentation des impayés, mais moins forte
Du côté des entreprises, la délinquance a également augmenté, mais à un rythme plus modéré. Le ratio global a atteint 2,5 % en décembre, en hausse de 1,8 point sur l’année. Cette augmentation s’accompagne d’un plus grand nombre de chèques rejetés pour défaut de provision.
Selon le rapport bancaire de la BCRA, cette augmentation est principalement due aux entreprises liées au commerce et à la production primaire.
En analysant les différents types de financement, on observe que :
- Les prêts hypothécaires aux entreprises affichent un taux de défaut de paiement de 3,9 % en décembre, en baisse par rapport au pic de 4,7 % du mois précédent.
- Les engagements commerciaux se terminent l’année avec un taux d’irrégularité de 3,6 %, après une augmentation de 2,6 points en douze mois.
- Les avances sur comptes courants ont vu leur taux de défaut tripler, atteignant 2,4 %.
- Les remises sur documents ont vu leur taux d’irrégularité quadrupler, atteignant 2 %.
La dégradation du crédit observée en 2025 a atteint des niveaux records et soulève des interrogations sur l’évolution de la consommation et de l’activité économique en 2026, dans un contexte où l’amélioration nominale des revenus ne suffit pas à compenser le poids croissant des échéances.