Publié le 2024-02-18 18:00:00. Une réforme électorale ambitieuse est en préparation au Mexique, visant à réduire drastiquement les coûts des élections et à modifier le financement des partis politiques, mais suscite déjà des tensions au sein de la coalition gouvernementale.
- La commission de réforme, présidée par Pablo Gómez, prévoit une réduction de 10 milliards de pesos (environ 550 millions d’euros) des dépenses électorales.
- Des modifications sont proposées concernant le nombre de députés et la formule de financement des partis, avec une possible réduction de 30 à 50 %.
- Les partis PT et PVEM expriment des réserves quant au manque de détails sur la mise en œuvre de ces changements.
Le gouvernement mexicain s’apprête à présenter une initiative de réforme électorale majeure, dont l’objectif principal est de maîtriser les coûts des élections, jugés parmi les plus élevés au monde. La commission présidentielle chargée de cette réforme, dirigée par Pablo Gómez, ambitionne de réaliser des économies significatives, estimées à 10 milliards de pesos (environ 550 millions d’euros). Cette initiative prévoit également une refonte du financement des partis politiques et une simplification du système électoral.
Parmi les propositions clés figurent une réduction du nombre de députés plurinominaux, passant de 200 à 100, ainsi qu’une diminution du nombre de députés élus au scrutin majoritaire. Ces mesures, toutefois, ne font pas l’unanimité au sein de la coalition au pouvoir. Les partis du Parti du Travail (PT) et du Parti Vert Écologiste du Mexique (PVEM) ont exprimé leur inquiétude face au manque de clarté concernant la manière dont ces changements seraient mis en œuvre, notamment en ce qui concerne l’élection des députés.
Plusieurs options sont actuellement à l’étude pour l’élection des députés des minorités : une répartition par État, par circonscription, une liste nationale, ou le maintien du système actuel, utilisé dans la Ville de Mexico (CDMX). Selon des sources proches des négociations, la dernière option, celle du maintien du système actuel, serait en passe de l’emporter.
En matière de financement public des partis politiques, qui bénéficieront cette année d’une enveloppe totale de 7,6 milliards de pesos (environ 415 millions d’euros), la commission envisage de modifier la formule de répartition afin de réduire les montants alloués de 30 à 50 %. Une autre proposition, plus radicale, consisterait à établir un financement égal pour tous les partis nationaux, à hauteur d’environ 650 millions de pesos (environ 35 millions d’euros), ce qui correspondrait au financement actuel du PT. Un tel changement entraînerait une diminution globale du financement des partis de plus de 50 %.
Les dirigeants du PT et du PVEM réclament davantage de transparence de la part de Morena, le parti du président Andrés Manuel López Obrador, et du gouvernement fédéral. Ils affirment n’avoir reçu que des « idées vagues » et non un projet de loi concret, ce qui rend difficile une prise de position éclairée. Ils soulignent également des divergences dans les négociations, avec des avancées avec Rosa Icela Rodríguez, secrétaire à l’Intérieur, mais des difficultés avec Pablo Gómez, à la tête de la commission de réforme.
La présidente Claudia Sheinbaum a confirmé hier que l’initiative serait présentée la semaine prochaine, probablement lundi 22 février, lors de la conférence matinale habituelle. Elle a souligné les quatre axes principaux de la réforme : réduire les coûts des élections, supprimer les listes plurinominales, faciliter le vote des Mexicains à l’étranger et renforcer la démocratie participative. Cependant, elle n’a pas fourni de détails supplémentaires.
« L’objectif est de réduire les coûts des élections au Mexique et de tout ce qui concerne les organisations électorales et leur représentation ; de réduire les coûts parce que le Mexique a les élections et le financement des partis les plus chers au monde. »
Claudia Sheinbaum, Présidente