Les taux d’intérêt à long terme sont sous pression en Europe et aux États-Unis, tirés à la hausse par une offre abondante d’obligations et des inquiétudes persistantes concernant la santé économique. Cette dynamique de « pentification » des courbes de rendement, où les taux longs augmentent plus rapidement que les taux courts, pourrait s’accentuer dans les prochains mois.
Aux États-Unis, les taux initiaux ont été influencés par les déclarations de Kevin Hassett, directeur du Conseil économique national, qui a évoqué un possible ralentissement de la création d’emplois en raison des tendances démographiques. Les marchés ont interprété ces propos comme un avertissement avant la publication des chiffres de l’emploi de janvier. Parallèlement, les craintes concernant la demande intérieure américaine et la possible diminution de l’appétit des investisseurs étrangers pour les titres du Trésor américain contribuent à cette pression sur les taux longs.
La Chine a mis en garde les institutions financières nationales contre des avoirs trop importants en bons du Trésor américain, ce qui souligne les inquiétudes concernant le financement des déficits budgétaires américains. Cette situation crée un déséquilibre sur le marché obligataire, avec une augmentation des rendements à l’extrémité lointaine de la courbe.
Le Japon a connu une hausse des rendements obligataires suite aux résultats des élections, mais sa courbe 10-30 ans s’est aplatie grâce à un apaisement des préoccupations budgétaires. Cependant, la tendance à la pentification observée aux États-Unis et en Europe reste présente dans l’esprit des investisseurs.
Au Royaume-Uni, l’instabilité politique exerce une pression à la hausse sur les rendements obligataires. Les marchés anticipent une hausse des taux, compte tenu des contraintes budgétaires du pays mises en évidence par le budget de l’année dernière. Bien que la réduction du volume des émissions ait temporairement freiné la hausse des taux à long terme, une pentification significative est de nouveau observée sur les maturités de 10 et 30 ans.
L’offre abondante d’obligations est un facteur clé de cette situation, tant à court terme que sur le long terme. Le Trésor américain prévoit de nouvelles émissions cette semaine, et le marché absorbe également l’annonce d’émissions importantes de grandes entreprises technologiques, avec des échéances allant jusqu’à 40 ans en dollars américains et jusqu’à 100 ans en livres sterling.
Dans la zone euro, les pressions sur l’offre devraient entraîner une hausse des taux au cours de l’année à venir. Les marchés devraient absorber environ 930 milliards d’euros (environ 1 068 milliards de dollars) d’obligations d’État, un volume record. Les banques et les investisseurs étrangers devraient être les principaux acheteurs, mais les fonds d’investissement, plus sensibles aux prix, pourraient exiger des rendements plus élevés pour compenser le manque de demande.
Événements de mardi et perspectives du marché
Aucune donnée économique majeure n’est attendue en Europe. Aux États-Unis, l’enquête sur la confiance des consommateurs sera publiée, avec un consensus prévoyant une légère amélioration, passant de 99,5 à 99,9. Les prix à l’exportation et à l’importation fourniront également des indications sur l’impact des droits de douane.
Concernant l’offre, l’Union européenne lancera des obligations à 6 et 19 ans pour un montant estimé à 9 milliards d’euros (environ 9,9 milliards de dollars). Les Pays-Bas mettront aux enchères entre 1,5 et 2 milliards d’euros (environ 1,6 à 2,2 milliards de dollars) d’obligations vertes à 18 ans, et l’Autriche prévoit des émissions de RAGB à 5 et 10 ans pour un total de 1,73 milliard d’euros (environ 1,9 milliard de dollars). Le Royaume-Uni organisera une vente aux enchères pour un montant total de 3,75 milliards de livres sterling (environ 4,7 milliards de dollars), et l’Allemagne mettra aux enchères 5 milliards d’euros (environ 5,5 milliards de dollars) de Bobls à 5 ans.