Une femme américaine, adoptée en Iran dans les années 1970 par un vétéran de l’armée de l’air, risque l’expulsion des États-Unis en raison d’une anomalie administrative remontant à son adoption. Son cas illustre les difficultés rencontrées par certains adoptés internationaux à prouver leur citoyenneté américaine.
À retenir
- Une femme de Californie, adoptée en Iran à l’âge de deux ans, est confrontée à une procédure d’expulsion.
- Elle n’a pas obtenu la citoyenneté américaine automatiquement en raison du type de visa utilisé lors de son adoption.
- Son cas met en lumière les lacunes de la loi de 2000 sur la citoyenneté des enfants et les difficultés rencontrées par certains adoptés pour obtenir la nationalité américaine.
Adoptée par un vétéran américain alors qu’elle était enfant, cette femme a grandi dans le Midwest, où elle a été élevée dans la tradition chrétienne et a écouté avec attention les récits de son père sur son service pendant la Seconde Guerre mondiale. Aujourd’hui âgée d’une cinquantaine d’années et résidant en Californie, elle se considère pleinement américaine. Pourtant, aux yeux du gouvernement américain, elle est considérée comme une immigrante en situation irrégulière.
« Comment cela a-t-il pu arriver ? Je suis américaine. Je n’ai jamais eu d’autre identité que celle-là », a-t-elle déclaré à NPR, souhaitant rester anonyme par crainte de compromettre son dossier d’immigration.
La loi de 2000 sur la citoyenneté des enfants a accordé la citoyenneté automatique à de nombreux adoptés internationaux. Cependant, elle exclut ceux qui étaient déjà adultes au moment de son adoption ou ceux qui sont entrés aux États-Unis avec un visa inapproprié, ce qui est le cas de cette femme. Elle a récemment reçu une notification du ministère de la Sécurité intérieure l’informant du début d’une procédure d’expulsion.
Elle craint particulièrement d’être renvoyée en Iran, compte tenu du service militaire de son père et de sa foi chrétienne. L’Iran figure parmi les dix pays les plus dangereux pour les chrétiens, selon l’organisation Open Doors, qui suit la persécution religieuse dans le monde. Elle n’a plus de famille en Iran et ne parle pas farsi.
Son avocate, Emily Howe, a déclaré dans un communiqué que « la simple possibilité que la fille d’un héros américain de la Seconde Guerre mondiale soit renvoyée à l’étranger, sans que ce soit de sa faute, incarne un système défaillant ».
Le cas de cette femme n’est pas isolé. De nombreux adoptés ignorent leur situation précaire jusqu’à l’âge adulte, lorsqu’ils tentent d’obtenir un passeport ou de régulariser leur statut. La perte de documents et les difficultés à les retrouver des décennies plus tard compliquent également les démarches.
Des adoptés ont déjà été expulsés par le passé, souvent en raison de condamnations pénales. Cependant, les politiques d’expulsion plus strictes mises en œuvre sous l’administration Trump ont accru les craintes parmi les adoptés non-citoyens.
Plusieurs projets de loi visant à combler les lacunes de la loi de 2000 ont été proposés au Congrès, mais ils n’ont pas été adoptés à ce jour, en partie en raison de leur lien avec les questions d’immigration.
Le ministère de la Sécurité intérieure n’a pas souhaité commenter cette affaire spécifique, se contentant d’affirmer que les personnes menacées d’expulsion bénéficient d’une procédure régulière et que leurs demandes d’asile sont examinées.
La femme a dépensé des dizaines de milliers de dollars et fait appel à plusieurs avocats pour tenter de retrouver les documents manquants et de prouver sa citoyenneté. Elle est convaincue que ses parents ont pris toutes les mesures nécessaires pour la naturaliser et a retrouvé un document parmi les effets personnels de son père attestant de cette démarche.
« Je me bats pour moi-même, mais en même temps, je me bats pour l’héritage de mon père », a-t-elle déclaré. Son audience devant un juge de l’immigration est prévue le mois prochain.