Publié le 21 février 2024 09h46. Les affirmations d’un Irlandais détenu aux États-Unis, comparant son centre de détention à un « camp de concentration », sont remises en question par sa propre fille, qui dénonce une tentative de manipulation de l’opinion publique et appelle son père à faire face à la justice.
- Heather Morrissey, la fille de Seamus Culleton, conteste les allégations de son père concernant des conditions de détention inhumaines.
- M. Culleton, arrêté par les services de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE), avait quitté l’Irlande en 2008 alors qu’il était sous enquête pour des infractions liées à la drogue.
- Un avocat américain a proposé de représenter les filles de M. Culleton dans une éventuelle action en justice pour récupérer des pensions alimentaires impayées.
Heather Morrissey, 19 ans, a brisé le silence pour répondre aux déclarations de son père, Seamus Culleton, qui avait récemment comparé le centre de détention d’El Paso, au Texas, où il est incarcéré, à un « camp de concentration moderne ». Elle estime que son père cherche à se présenter comme une victime pour manipuler l’opinion publique.
« Je parle maintenant parce qu’il est partout sur Internet en train de jouer le rôle de victime et de faire croire aux gens à ses mensonges »,
Heather Morrissey
Selon elle, si les conditions de détention étaient réellement aussi terribles, son père aurait la possibilité de retourner en Irlande. « Je ne pense pas que ce soit un camp de concentration parce que si c’était le cas et qu’il a tellement peur pour sa vie, il reviendrait en Irlande », a-t-elle déclaré au Irish Mirror.
L’affaire a pris une nouvelle tournure avec la révélation que M. Culleton avait fui l’Irlande en 2008, alors qu’il était en attente de jugement pour des accusations liées à la drogue. Il était notamment accusé de possession de pilules d’ecstasy dans l’intention de les vendre ou de les fournir, ainsi que d’entrave à un agent de la Garda (la police irlandaise). Un mandat d’arrêt avait été émis, mais n’a jamais été exécuté car il avait quitté le pays.
Heather et sa sœur jumelle, Melissa, affirment que leur père les a « abandonnées » dès leur plus jeune âge et qu’elles n’ont reçu aucune pension alimentaire de sa part. Heather exprime le souhait que son père soit expulsé vers l’Irlande et qu’il fasse face aux accusations qui pèsent contre lui.
« Je veux qu’il fasse face à ces accusations et j’espère qu’il reviendra et se réconciliera avec ses deux filles. Il peut se réconcilier avec nous s’il revient ici en Irlande. »
Heather Morrissey
Un avocat américain, Marc J. Randazza, basé au Nevada, a publiquement proposé de représenter Heather et Melissa Morrissey, ainsi que leur mère, dans une action en justice visant à récupérer les pensions alimentaires impayées. Il a annoncé son intention sur X (anciennement Twitter), proposant de déposer une plainte au nom de la mère des jumelles pour récupérer les sommes dues. Il a également fait référence à un GoFundMe qui a collecté des fonds pour soutenir M. Culleton.
L’avocat de M. Culleton n’a pas répondu aux sollicitations du Irish Mirror.
M. Culleton avait initialement attiré l’attention des médias en se plaignant de ses conditions de détention lors d’une intervention dans l’émission Liveline de RTÉ, décrivant une situation de « torture absolue, psychologique et physique », et évoquant la propagation de maladies infectieuses au sein du centre.
Dans un communiqué, Tricia McLaughlin, secrétaire adjointe du département américain de la Sécurité intérieure, a précisé que M. Culleton avait bénéficié d’une procédure régulière et avait reçu une ordonnance d’expulsion définitive d’un juge fédéral. Elle a souligné qu’il avait le choix de retourner en Irlande, mais avait choisi de rester en détention. Elle a également mentionné que les États-Unis offrent désormais aux étrangers en situation irrégulière 2 600 $ (environ 2 200 €) et un billet d’avion gratuit pour s’auto-expulser.