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La fin des frontières entre la gauche et le crime

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Publié le 2025-10-05 07:26:00. Le président colombien Gustavo Petro a suscité la controverse lors de son discours à l’ONU en qualifiant le groupe Aragua d’organisation criminelle ordinaire plutôt que terroriste, et en décrivant des trafiquants de drogue comme des « jeunes sans option». Ces déclarations rappellent son passé au sein du mouvement M-19.

Lors de son allocution devant l’Assemblée générale des Nations Unies le 23 septembre, le président de la Colombie, Gustavo Petro, a suscité la polémique en affirmant que le groupe Aragua n’était pas une organisation terroriste, mais une bande de criminalité commune. Il a par ailleurs décrit les trafiquants de drogue dont les bateaux auraient été détruits par les forces militaires américaines comme de « jeunes sans option», fuyant la pauvreté. L’ancien membre du Mouvement du 19 avril (M-19) a également accusé Donald Trump d’avoir autorisé des tirs de missiles sur des personnes cherchant simplement à échapper à la pauvreté.

Il est difficile d’ignorer que ce fervent défenseur et légitimateur du crime organisé, qui est le président d’une nation de près de 53 millions d’habitants, fut un membre actif du Mouvement du 19 avril (M-19). Ce groupe est notamment responsable de la prise du Palais de justice de Bogotá en 1985, un acte qui fit 101 morts et 11 disparus, et qui est considéré par de nombreux historiens comme l’un des pires actes terroristes de l’histoire de la Colombie et de l’Amérique latine.

Depuis l’émergence des mouvements de guérilla soutenus par le castrisme dans le but de prendre le pouvoir en Amérique latine, un lien s’est tissé et renforcé au fil des années entre ces groupes d’inspiration marxiste-léniniste, auteurs d’attaques terroristes (souvent à l’explosif), et les réseaux dédiés au trafic de drogue.

De nombreux témoignages, livres et études académiques relatent la collaboration fructueuse entre le crime politique et le narcotrafic sur le continent. Cette coopération a pris diverses formes : acquisition d’armes, échange d’informations sur les opérations militaires ou policières, résolution de problèmes logistiques. Les groupes narcos ont rapidement adopté la rhétorique révolutionnaire, tandis que les guérilleros ont trouvé une source de financement considérable dans le trafic de stupéfiants vers les États-Unis et l’Europe.

Ces dynamiques, bien que présentant des nuances et des irrégularités, convergent vers une réalité : les trafiquants de drogue et les révolutionnaires ont fusionné en une entité unique. Des groupes armés tels que l’ELN ou les dissidents des FARC, tout en contrôlant des territoires et l’ensemble de la chaîne de production et d’exportation de cocaïne, y compris depuis le Venezuela, maintiennent une présence impunie. Les frontières entre ces activités criminelles et leurs revendications politiques se sont estompées. Ces organisations commettent des meurtres, que ce soit pour le contrôle territorial ou au nom de la révolution.

Le crime organisé, en se drapant d’une couverture politique, a déstabilisé des systèmes, démoli des démocraties et brisé des structures sociales et institutionnelles. Les FARC ont intégré le Forum de São Paulo, et des « narcoguérilleros » occupent désormais des postes de maires ou d’autres fonctions gouvernementales. Des armées et des réseaux armés contrôlent des villages, des villes entières, et même des quartiers dans de grandes métropoles. Les unités armées de l’ELN, qui reçoivent des territoires, des concessions minières et un contrôle logistique du régime de Maduro au Venezuela, exercent une surveillance politique sur les populations.

Le trafic de drogue influence, infiltre, contrôle et neutralise politiciens, exécutifs, parlementaires, juges, forces de l’ordre, syndicats et même journalistes. Il achète des volontés, menace, extorque et assassine ceux qui s’opposent à ses intérêts. Cette réalité se retrouve dans de nombreux pays d’Amérique latine, tels que le Mexique, l’Argentine, le Pérou, l’Équateur, la Colombie, le Brésil et le Honduras.

Le cas du Venezuela revêt cependant une dimension structurellement distincte : l’État est devenu une affiche du narcopouvoir, une entité unique où les institutions publiques, les agences de sécurité, les entreprises d’État et les systèmes informatiques semblent fonctionner dans le seul but de faciliter le trafic de drogue et de cocaïne vers d’autres pays, sans interruption majeure.

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