Paris exhorte ses ressortissants à quitter le Mali, confronté à une paralysie de sa capitale due à un blocus sur le carburant orchestré par des groupes affiliés à Al-Qaïda. Bamako est en proie à des difficultés extrêmes, le transport terrestre étant devenu particulièrement périlleux.
Dans une mise à jour de ses consignes de sécurité diffusée vendredi, le ministère français des Affaires étrangères a recommandé à ses citoyens présents au Mali de regagner leur pays « dans les plus brefs délais », privilégiant les vols commerciaux pour des raisons de sécurité. La voie terrestre est fortement déconseillée en raison des risques d’attaques par des « groupes terroristes » sur les grands axes routiers. La France maintient par ailleurs sa recommandation de « ne pas se rendre dans ce pays d’Afrique de l’Ouest, quelle qu’en soit la raison ».
Ce blocus, qui dure depuis deux mois, pèse lourdement sur l’approvisionnement du Mali. Il est attribué au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), une organisation liée à Al-Qaïda. Depuis septembre dernier, le JNIM cible les convois de carburant, notamment ceux en provenance du Sénégal et de Côte d’Ivoire, qui acheminent la majorité des biens importés dans le pays. Cette situation met particulièrement à l’épreuve la gouvernance actuelle du Mali.
Cette alerte française intervient au lendemain d’une déclaration du ministère des Affaires étrangères français à Paris. Le porte-parole, Pascal Confavreux, a souligné que la dégradation de la situation sécuritaire au Mali met en lumière l’échec de la stratégie du pays consistant à se tourner vers la Russie et ses alliés pour obtenir une assistance en matière de sécurité. « Nous suivons la situation sécuritaire au Mali avec beaucoup d’attention et une réelle inquiétude », a-t-il déclaré jeudi à la presse. « Ce que je pourrais ajouter, c’est que l’on constate que la présence contestée de la Russie, ou des forces qui lui sont associées au Mali, n’assure en aucun cas la sécurité des femmes et des hommes maliens. »
Depuis les coups d’État successifs de 2020 et 2021, qui ont marqué la fin de la présence militaire française, le Mali est dirigé par une junte militaire. Celle-ci peine à contenir la menace de divers groupes armés, dont le JNIM. Face à cette détérioration, les États-Unis et le Royaume-Uni ont annoncé la semaine dernière l’évacuation de leur personnel « non essentiel » et de leurs familles.
Par ailleurs, le groupe maritime genevois MSC a annoncé vendredi suspendre ses opérations au Mali, invoquant le blocus sur le carburant et la détérioration globale de la sécurité dans le pays.