Publié le 20 octobre 2025. L’Europe traverse une période de turbulences économiques, marquée par le ralentissement industriel en Allemagne, l’aggravation des finances publiques en France et en Autriche, et une pression constante sur le franc suisse. Tandis que les marchés s’habituent à une réalité économique implacable, les politiques monétaires peinent à contrer les forces de l’instabilité.
- L’Allemagne voit son industrie affaiblie par les politiques énergétiques et climatiques, entraînant une baisse de production et de compétitivité.
- La France et l’Autriche luttent contre des finances publiques précaires, la France subissant une nouvelle dégradation de sa note de crédit.
- Le franc suisse s’apprécie inexorablement, renforçant son statut de valeur refuge mais pénalisant le secteur exportateur helvétique.
L’Allemagne, pilier économique du continent, ressent durement les effets des politiques énergétiques et climatiques ambitieuses. Les capacités de production diminuent, les investissements sont mis en attente et la compétitivité globale en souffre. Pendant ce temps, l’Autriche et la France sont confrontées à des situations budgétaires tendues, la France ayant vu sa note de crédit être une nouvelle fois revue à la baisse. Ces réalités macroéconomiques, bien que moins médiatisées que des faits divers comme un vol au Louvre, dessinent un tableau de désindustrialisation rampante dans ces deux puissances européennes.
Dans ce contexte agité, la Suisse se retrouve au cœur d’une tempête économique européenne. Le franc suisse poursuit son ascension, au même titre que l’or, attirant les investisseurs en quête de sécurité. Cette force de la monnaie helvétique, bien que signe de stabilité, devient une épée à double tranchant pour le secteur exportateur, déjà aux prises avec des barrières commerciales et des droits de douane. Le gouvernement suisse a d’ailleurs revu à la baisse ses prévisions de croissance pour 2026, passant de 1,2 % à 0,9 %.
Sur le marché obligataire suisse, une tendance discrète mais significative s’observe : le rendement à deux ans est passé sous la barre de zéro. Ce mouvement, survenu sans annonce officielle des banques centrales, reflète une fuite des capitaux vers les obligations suisses, considérées comme un actif sûr. Parallèlement, les rendements baissent tandis que le franc monte, sur fond de nouvelles tensions sur le marché monétaire américain, où la hausse du SOFR (Secured Overnight Financing Rate) suggère des contraintes de liquidité au sein des banques régionales.
La politique monétaire de la Banque nationale suisse (BNS) semble avoir perdu de son efficacité. Les baisses de taux d’intérêt opérées ces dernières années n’ont pas suffi à endiguer la pression haussière sur le franc. Il subsiste une situation où les taux d’intérêt négatifs pénalisent les épargnants, les caisses de retraite et les citoyens, sans pour autant freiner l’appréciation de la monnaie. Ce scénario, qualifié d’absurde et contre-intuitif, rappelle la crise de l’euro, mais avec la France, et non la Grèce, comme point névralgique.
Face à cette situation, la BNS pourrait envisager des mesures plus radicales, comme l’introduction d’une taxe Tobin sur les opérations de change, afin de freiner la spéculation à la hausse sur le franc suisse. Par ailleurs, la place financière retient son souffle quant à l’issue de la non-prise en compte des 17 milliards de francs issus des obligations AT1 dans le bilan de l’UBS. Une telle éventualité risquerait de provoquer un effondrement brutal du taux de change USD/CHF, potentiellement jusqu’à 0,50.