Publié le 2024-05-21 10:30:00. Les services de renseignement français soupçonnent que les traces de mains peintes en rouge sur le Mémorial de l’Holocauste à Paris, l’an dernier, s’inscrivent dans une campagne de déstabilisation orchestrée par la Russie. Cette affaire éclate alors que les tensions internationales montent face à une recrudescence des opérations hybrides attribuées à Moscou en Europe.
Environ 500 empreintes de mains rouges avaient maculé l’année dernière le Mur des Justes, un monument rendant hommage à ceux qui ont sauvé des Juifs durant l’occupation nazie. Cet acte de vandalisme, survenu dans le contexte de la guerre entre Israël et le Hamas à Gaza, fait aujourd’hui l’objet d’une enquête approfondie.
Le procès de trois citoyens bulgares, accusés de cette profanation, a débuté. Le quatrième individu suspecté, Mircho Angelov, toujours en fuite, est activement recherché. Des éléments confidentiels des services de renseignement intérieur français, révélés lors de l’audience, suggèrent que deux des suspects auraient reçu des instructions en russe via l’application de messagerie cryptée Telegram, émanant de sources inconnues.
Cette modus operandi correspondrait aux opérations hybrides, où des individus sont recrutés par des services de renseignement étrangers pour des missions spécifiques. Nikolaï Ivanov, l’un des Bulgares détenus, est considéré comme un organisateur clé aux côtés de Mircho Angelov. Né dans la région ukrainienne du Donbass, Ivanov aurait des liens avec des groupes paramilitaires russes.
Les deux autres prévenus, Georgi Filipov et Kiril Milushev, présentés comme des connaissances d’Angelov, auraient accepté de l’argent pour réaliser ces actes. Milushev aurait été engagé uniquement pour filmer l’opération après son arrivée à Paris. Filipov, arborant des tatouages néo-nazis, aurait avoué avoir participé au vandalisme du mémorial, ainsi qu’à d’autres actions similaires, motivé par des besoins financiers pour subvenir aux besoins de ses enfants.
Ces événements s’inscrivent dans une vague de dégradations et de sabotages observés en France ces deux dernières années, incluant des dépôts de têtes de porc sur des mosquées ou la peinture d’étoiles de David sur des bâtiments. Ces actes étaient alors perçus comme des tentatives de semer la discorde entre les communautés juives et musulmanes locales.
La multiplication de ces incidents en Europe coïncide avec l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie en 2022 et le soutien apporté à Kyiv par les pays européens. Le mois dernier encore, deux ressortissants ukrainiens ont été arrêtés en Roumanie et un en Pologne dans le cadre d’un complot présumé de sabotage orchestré à Bucarest par les services de renseignement russes.