Une vidéo compromettante montrant de présumés mauvais traitements infligés à un détenu palestinien dans le centre de détention de Sde Teiman a déclenché une crise de relations publiques pour Israël, au point que le Premier ministre Benjamin Netanyahu a qualifié l’incident d’« attaque de relations publiques » d’une gravité sans précédent depuis la création de l’État hébreu. Ces déclarations ont été formulées dimanche lors de la réunion hebdomadaire du Cabinet, faisant référence à un clip diffusé en août dernier sur la Douzième chaîne de télévision israélienne, qui a provoqué une vive indignation.
La polémique prend une tournure judiciaire avec la démission, vendredi, du plus haut procureur militaire d’Israël, le général Yifat Tomer-Yerushalmi. Selon les médias israéliens, cette décision ferait suite à l’assomption de responsabilité pour la diffusion des images, dans le but, aurait-elle avancé, de contrer « une fausse propagande dirigée contre les autorités militaires chargées de l’application des lois ». Cette explication suggère une tentative de discréditer les allégations de mauvais traitements comme étant purement fabriquées.
La vidéo en question mettrait en évidence de graves sévices subis par un militant du Hamas. Cinq réservistes ont été inculpés en février pour leur implication dans cet événement. Cependant, les avocats des militaires mis en cause contestent fermement les accusations d’agression sexuelle. Les informations parues dans la presse indiquent que le détenu aurait été si sérieusement blessé qu’une hospitalisation aurait été nécessaire, bien que cette gravité ne soit pas entièrement perceptible sur les images de sécurité, les soldats masquant partiellement la vue avec leurs boucliers.
Cette affaire s’inscrit dans un contexte plus large de critiques envers le traitement des prisonniers palestiniens. Amnesty International a accusé Israël de maltraitance et de torture à l’encontre de détenus de la bande de Gaza au camp de Sde Teiman. Divers médias ont également relayé des allégations d’abus sur ce site.
La démission du général Tomer-Yerushalmi intervient après l’ouverture d’une enquête la semaine dernière visant à déterminer une éventuelle implication de membres du bureau du procureur général militaire dans la diffusion des images incriminantes.