Le général Upendra Dwivedi, chef d’état-major de l’armée indienne, a souligné samedi à Rewa, dans le Madhya Pradesh, l’imprévisibilité des menaces futures, appelant à une adaptation constante face à un paysage géopolitique complexe et en mutation rapide.
Lors d’un discours devant des étudiants dans sa ville natale, le général Dwivedi a dépeint les défis à venir en utilisant des termes hindi pour décrire un avenir marqué par l’instabilité (« Ashirta »), l’incertitude (« anischitata »), la complexité (« jatilta ») et l’ambiguïté (« Aspashata »). Selon lui, ces quatre éléments définissent le contexte dans lequel les forces armées devront opérer.
« Ce que l’avenir nous réserve, les défis qu’il apportera, sont en grande partie inconnus. Même des personnalités comme Donald Trump ignorent probablement ce qu’elles feront demain », a déclaré le général, illustrant l’imprévisibilité générale. Il a cité l’exemple de l’opération Sindoor pour illustrer la rapidité avec laquelle l’information peut être déformée, rappelant des rumeurs infondées d’attaques sur Karachi qui avaient circulé.
Le général a insisté sur le fait que les forces armées sont confrontées à une multitude de menaces, allant des conflits aux frontières au terrorisme, en passant par les catastrophes naturelles, la cyberguerre, les menaces spatiales impliquant des satellites, ainsi que les risques chimiques, biologiques et radiologiques. La guerre de l’information constitue également un champ de bataille majeur, où la désinformation peut rapidement semer la confusion.
Il a par ailleurs mis en avant les leçons tirées de l’opération Sindoor, qui visait non seulement à vaincre l’ennemi mais aussi à rétablir la souveraineté, l’intégrité et la paix. Le choix du nom « Sindoor » par le Premier ministre a, selon le général, permis d’unir la nation entière autour d’un symbole émotionnel fort, rappelant la synergie observée lors d’opérations antérieures comme Vijay et Safed Sagar lors de la Guerre de Kargil.
Le général Dwivedi a souligné que chaque opération militaire comporte un risque intrinsèque, avec une incertitude quant aux pertes humaines, aux actions nécessaires et aux impacts sur les civils. Néanmoins, lors de l’opération Sindoor, les forces armées ont agi de manière décisive, attaquant directement toute menace, y compris en pénétrant en territoire ennemi jusqu’à 100 kilomètres pour frapper.
Pour relever ces défis, le général a affirmé que les forces armées étaient en constante adaptation, intégrant de nouvelles technologies telles que les drones, les munitions améliorées et les tactiques de précision. « C’est parce que nous nous sommes adaptés que nous avons remporté la victoire », a-t-il conclu.
Dans un monde où les batailles se jouent autant sur le terrain physique que dans l’esprit, le chef d’état-major a lancé un appel à la mobilisation intellectuelle et à la participation citoyenne. Il a cité l’exemple de citoyens ayant proposé leur aide pour contrer la désinformation pakistanaise via les réseaux sociaux, soulignant l’élan patriotique suscité par de telles opérations.
Évoquant la civilisation indienne, le général Dwivedi a souligné son caractère assimilateur et inclusif, capable d’intégrer diverses cultures et croyances au fil des siècles, qu’il s’agisse de celles apportées par l’islam, le christianisme ou d’autres religions étrangères. Il a rappelé le rayonnement culturel de l’Inde, notamment par l’expansion du bouddhisme en Chine, au Japon et en Indonésie.
S’adressant spécifiquement à la « Génération Z », le général Dwivedi a salué leur maîtrise du numérique, leur conscience sociale et leur connexion globale. Il a plaidé pour un encadrement et une discipline adéquats pour cette génération, estimant qu’elle constituait le moteur potentiel d’une avancée rapide de l’Inde sur la scène mondiale.