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« La gauche a échoué » en Amérique latine

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Publié le 7 février 2026 11:32:00. Un vent de droite balaie l’Amérique latine, avec des conséquences potentiellement profondes pour les équilibres régionaux et les politiques de Washington, tandis que les alliances de gauche s’effritent et que l’influence de Donald Trump se renforce.

  • La libération de prisonniers politiques au Venezuela, bien que positive, est perçue comme un résultat rapide obtenu par l’administration américaine, contrastant avec les années d’inaction face au régime chaviste.
  • Les critiques s’élèvent contre les anciennes alliances de gauche en Amérique latine, accusées d’avoir permis la consolidation de régimes autoritaires au Venezuela et à Cuba.
  • L’ascension de figures d’extrême droite, comme Javier Milei en Argentine et José Antonio Kast au Chili, témoigne d’une réaction conservatrice face aux politiques de gauche et d’une volonté de s’aligner sur les États-Unis.

L’Amérique latine est à la croisée des chemins. Alors que l’administration américaine, sous la direction de Donald Trump, semble vouloir redéfinir ses relations avec la région, une vague conservatrice gagne du terrain, remettant en question les acquis des gouvernements de gauche des dernières années. Le journal allemand Süddeutsche Zeitung analyse les récents développements au Venezuela, à Cuba, en Colombie et au Chili, pointant du doigt les contradictions et les échecs des politiques de gauche.

Au Venezuela, la libération de centaines de prisonniers politiques et l’adoption d’une loi d’amnistie marquent un tournant. Si cette évolution est saluée, elle est également perçue comme un succès rapide de l’administration américaine, qui a obtenu en peu de temps des résultats qu’elle n’avait pas réussi à atteindre depuis une décennie. Des personnalités importantes de l’opposition vénézuélienne critiquent désormais ouvertement à la fois l’ancien et le nouveau régime de Caracas.

Javier Tarazona, un militant vénézuélien des droits humains, est libéré après quatre ans de prison, et les membres de sa famille l'entourent et le serrent dans leurs bras. (1.02.2026).
La libération du militant des droits humains Javier Tarazona (au centre), à ​​Caracas, le 1er février 2026.Image : Federico Parra/AFP

Cependant, cette situation met également en lumière les erreurs des anciens alliés du régime chaviste. Pendant des années, les dirigeants de gauche du Brésil, du Mexique et de la Colombie ont accordé une certaine indulgence au gouvernement de Caracas, malgré sa dérive autoritaire. Au lieu de prendre clairement leurs distances, ils se sont contentés de critiques tièdes, un schéma récurrent où les violations des droits de l’homme commises par les opposants sont fermement dénoncées, tandis que les défaillances au sein de leurs propres camps sont ignorées.

La situation à Cuba est également préoccupante. Le journal souligne le paradoxe de la révolution cubaine, où des révolutionnaires animés des meilleures intentions ont renversé un dictateur pour ensuite établir un régime tout aussi autoritaire. Le pays traverse actuellement une crise économique aiguë, avec une pénurie de biens de première nécessité, comme le pain, et une détérioration générale des conditions de vie.

Plusieurs personnes font la queue à La Havane pour acheter du pain. Une femme tient un sac contenant plusieurs pains à l’intérieur.
Plusieurs personnes font la queue à La Havane pour acheter du pain (31/01/2026).Image : Norlys Perez/Reuters

Ces alliances malheureuses avec des régimes comme ceux du Venezuela ou de Cuba illustrent un paradoxe des politiciens de gauche en Amérique latine : elles ouvrent souvent la voie à des réactions plus radicales. On observe ainsi la résurgence de la doctrine Monroe, une politique étrangère américaine datant du XIXe siècle qui visait à affirmer l’hégémonie des États-Unis sur le continent américain, et les victoires électorales de politiciens d’extrême droite, comme au Chili, où José Antonio Kast, un fervent défenseur de la dictature passée, est désormais au pouvoir.

En Colombie, le président de gauche Gustavo Petro a tenté de mettre en œuvre une politique de « paix totale », en négociant avec les groupes armés et les trafiquants de drogue. Cependant, cette approche a échoué, et le pays se retrouve confronté à une recrudescence de la violence. Le journal souligne que les alliés du Venezuela ont involontairement ouvert la voie à une intervention plus ferme des États-Unis.

Le président colombien, Gustavo Petro (à gauche), avec son homologue américain, Donald Trump, à la Maison Blanche (02/03/2026).
Le président colombien, Gustavo Petro (à gauche), avec son homologue américain, Donald Trump, à la Maison Blanche (02/03/2026).Image : Présidence colombienne/Document/Reuters

Parallèlement, les États-Unis tentent de forger une nouvelle alliance en Amérique latine pour contrer l’influence des pays BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud). Javier Milei, le président argentin, est présenté comme un allié clé de Donald Trump dans cette stratégie. Un échange d’obligations de paiement de 20 milliards de dollars a permis à Trump de sauver Milei de la faillite, mais a également créé une situation de dépendance financière.

Milei travaille actuellement à la formation d’un bloc d’une dizaine de gouvernements de droite latino-américains, afin d’affirmer son leadership régional et d’obtenir un traitement préférentiel de la part des États-Unis. Il s’agit également de contrer la puissance croissante de la Chine et de garantir l’accès aux ressources naturelles de la région.

Le journal se demande si Cuba sera le prochain Venezuela, soulignant que l’administration Trump pourrait envisager un changement de régime sur l’île. Des partisans de Trump imaginent déjà une Havane transformée en un parc d’attractions, débarrassée du communisme. Cependant, le journal met en garde contre les conséquences d’une telle intervention, rappelant que le peuple cubain n’a pas connu une telle misère depuis l’effondrement de l’Union soviétique en 1991, une période connue sous le nom de « Période spéciale ».

« Le régime de La Havane est le mur de Berlin de notre temps »

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(cp/rml)

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