Home International La Grande-Bretagne ne permettra pas aux États-Unis d’utiliser l’île Diego García pour une éventuelle attaque contre l’Iran.

La Grande-Bretagne ne permettra pas aux États-Unis d’utiliser l’île Diego García pour une éventuelle attaque contre l’Iran.

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Publié le 19 février 2024 20h30. Une crise diplomatique éclate entre les États-Unis et le Royaume-Uni, Washington conditionnant son soutien à la restitution des îles Chagos à Maurice à l’accès à des bases britanniques pour une possible intervention militaire en Iran, que l’administration Trump envisage d’ici samedi.

  • L’administration Trump a retiré son soutien à l’accord visant à céder les îles Chagos à Maurice, en représailles au refus britannique d’autoriser l’utilisation de ses bases militaires pour une éventuelle attaque contre l’Iran.
  • La Maison Blanche prépare des plans militaires détaillés impliquant les bases de Diego Garcia et de RAF Fairford pour une attaque contre l’Iran.
  • Londres craint que l’utilisation de ses bases pour une action non approuvée par le droit international ne l’expose à des responsabilités juridiques.

La tension monte d’un cran entre Washington et Londres alors que l’administration américaine semble déterminée à agir contre l’Iran. Selon des sources proches du dossier, le président Trump envisage une intervention militaire dès samedi et estime indispensable l’utilisation de la base de Diego Garcia, dans l’archipel des Chagos, pour le déploiement de ses bombardiers B52. Cette demande se heurte à la fermeté du Royaume-Uni, qui refuse de compromettre sa position juridique en autorisant l’utilisation de ses bases pour une opération non conforme au droit international.

Le différend est directement lié à la question des îles Chagos, territoire britannique depuis 1965, mais revendiqué par Maurice. Le Premier ministre britannique, Sir Keir Starmer, avait conclu un accord pour céder ces îles à Maurice, une décision qui devait coûter environ 35 milliards de livres sterling (environ 41,5 milliards d’euros) aux contribuables britanniques. Cependant, Donald Trump a publiquement critiqué cet accord, le liant explicitement à la question de l’accès aux bases militaires.

Dans une déclaration publiée mercredi soir sur son réseau social Truth Social, le président Trump a justifié sa position en affirmant que l’Iran pourrait potentiellement attaquer le Royaume-Uni, rendant ainsi un soutien britannique à une intervention américaine légitime au regard du droit international. Il a écrit :

« Si l’Iran décide de ne pas parvenir à un accord, il faudra peut-être que les États-Unis utilisent Diego García et l’aérodrome situé à Fairford pour éradiquer une éventuelle attaque d’un régime très instable et dangereux. Une attaque qui serait potentiellement lancée contre le Royaume-Uni, ainsi que contre d’autres pays amis. »

Donald Trump, président des États-Unis

Il a ajouté :

« Nous serons toujours prêts, disposés et capables de nous battre pour le Royaume-Uni. Mais ils doivent rester fermes face au réveil et aux autres problèmes qui surgissent. »

Donald Trump, président des États-Unis

Le gouvernement britannique insiste sur la nécessité de respecter l’accord avec Maurice, arguant qu’il s’agit d’une question de sécurité nationale et qu’il permettrait d’éviter une coûteuse bataille juridique. Le ministre des Victimes, Alex Davies-Jones, a déclaré à Times Radio :

« Nous continuerons à travailler avec nos alliés, y compris les Américains, sur ce sujet. La priorité doit avant tout être la sécurité nationale et c’est ce que ce gouvernement est déterminé à réaliser. »

Alex Davies-Jones, ministre des Victimes

Cependant, des responsables gouvernementaux reconnaissent en privé que l’accord avec Maurice ne pourra être conclu sans l’approbation américaine, décrivant la situation comme « sombre ».

Ce bras de fer diplomatique s’inscrit dans un contexte de tensions croissantes concernant le programme nucléaire iranien. L’administration Trump a lancé un ultimatum à l’Iran, exigeant des concessions importantes. Le Royaume-Uni, quant à lui, a toujours maintenu une position prudente sur les frappes préventives, estimant que le droit international n’autorise le recours à la force qu’en cas de légitime défense face à une attaque réelle ou imminente. En 2003, Lord Goldsmith, alors procureur général, avait souligné que le droit international

« autorisé uniquement le recours à la force en cas de légitime défense en cas d’attaque réelle ou imminente. »

Lord Goldsmith, ancien procureur général britannique

En 2021, John Healey, l’actuel secrétaire à la Défense, avait interpellé le gouvernement conservateur sur les règles régissant l’utilisation des bases britanniques par les forces américaines, obtenant l’assurance que toute opération militaire devait être conforme au droit britannique et à l’interprétation britannique du droit international.

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