Home International La guerre à Gaza n’a pas d’horizon politique… et Trump pourrait changer l’équation

La guerre à Gaza n’a pas d’horizon politique… et Trump pourrait changer l’équation

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Publié le 2025-10-08 18:50:00. Malgré la fragilité des pourparlers actuels, le spécialiste du Moyen-Orient Thomas Friedman y voit une lueur d’espoir pour résoudre le conflit israélo-palestinien. Il dénonce une guerre destructrice sans objectif politique clair et propose une nouvelle approche pour sortir de l’impasse.

  • Thomas Friedman qualifie le conflit déclenché en octobre 2023 de « pire guerre » en raison de sa destruction massive et du manque d’horizon politique.
  • Un nouveau plan, potentiellement soutenu par l’administration Trump, envisage un cessez-le-feu, un échange d’otages et de prisonniers, ainsi qu’une gouvernance palestinienne sous supervision internationale.
  • L’analyse souligne un changement des équilibres régionaux, affaiblissant l’Iran et rendant Benjamin Netanyahu plus enclin à négocier.

Dans une analyse publiée dans le New York Times, Thomas Friedman, fin connaisseur des affaires du Moyen-Orient, suggère que les négociations de paix en cours, bien qu’encore précaires, pourraient marquer un tournant décisif dans le conflit israélo-palestinien, vieux de plusieurs décennies.

L’opinion de Friedman est particulièrement cinglante concernant la guerre actuelle, déclenchée par l’attaque du Hamas en octobre 2023. Il la qualifie de « pire guerre » jamais vue dans l’histoire du conflit, non pas par son nom, mais par ses conséquences dévastatrices. « Elle a détruit Gaza sans horizon politique », déplore-t-il, soulignant que les sociétés sont aujourd’hui plus fracturées et ravagées que jamais.

L’analyste dépeint une séquence brutale : l’attaque du Hamas, décrite comme « cruelle et destinée à causer le plus grand nombre de victimes civiles », a été suivie d’une riposte israélienne « destructrice et dénuée de but politique ». La guerre menée par Israël a ravagé les infrastructures de la bande de Gaza, entraînant la mort de dizaines de milliers de Palestiniens, sans qu’une vision claire pour l’avenir du territoire ne soit proposée.

« Je la qualifie de pire guerre, car elle a détruit Gaza sans horizon politique et a laissé les sociétés plus divisées et détruites que jamais auparavant. »

Thomas Friedman, rédacteur d’opinion au New York Times

Dans ce contexte, Friedman voit dans le plan actuellement promu par l’administration Trump une tentative audacieuse de redéfinir les règles du jeu. Ce plan propose un cessez-le-feu en échange de la libération de tous les otages israéliens et d’un échange de prisonniers. Il prévoit également un retrait partiel des forces israéliennes de Gaza, ouvrant la voie au déploiement d’une force internationale de maintien de la paix. Une autre composante clé est la formation d’un gouvernement palestinien composé de technocrates pour administrer Gaza, tandis que l’administration américaine superviserait la reconstruction via un organisme international qu’elle présiderait.

Malgré un certain optimisme teinté de réalisme, Friedman met en garde contre les défis considérables. « Le Hamas souhaite conserver une partie de ses armes pour des raisons de politique interne, et Israël traitera tout retrait sur le terrain avec prudence, par crainte d’un vide sécuritaire », explique-t-il.

Selon l’analyste, la complexité actuelle du conflit rend les solutions traditionnelles obsolètes. Il ne croit plus à la capacité des négociations bilatérales ou à l’efficacité d’un envoyé international unique. « Il a plutôt besoin d’une administration internationale qui supervise ensemble Gaza et la Cisjordanie et garantit le désarmement et la construction d’une autorité palestinienne honnête », affirme-t-il. Il suggère la mise en place d’un mandat arabo-international pour refonder la gouvernance palestinienne, insistant sur la nécessité d’une présence de forces internationales, y compris américaines, pour assurer la sécurité et l’application de l’accord.

Un contexte régional en mutation

Friedman souligne que les conditions propices aux négociations actuelles diffèrent radicalement de celles qui prévalaient auparavant. « L’Iran a subi un coup dur dans la guerre qui a duré 12 jours », ce qui aurait affaibli sa capacité à saper toute initiative de paix, selon lui.

Sur le plan intérieur israélien, Benjamin Netanyahu se trouverait dans une position plus vulnérable, contraint à la négociation après avoir perdu les leviers de pression qu’il exerçait sur les administrations américaines précédentes. « Sous Trump, Netanyahu ne peut pas se réfugier dans le Parti républicain ou dans les évangéliques, parce que Trump les contrôle complètement », analyse Friedman.

Netanyahu, un prolongateur de la guerre ?

Le Premier ministre israélien fait l’objet de critiques virulentes de la part de Friedman, qui estime qu’il a « fait tout ce qui était en son pouvoir pour prolonger la guerre », par peur de devoir affronter la justice politique après le conflit. « Netanyahu a survécu politiquement grâce à la loyauté aveugle de ses partisans, mais il a déchiré la société israélienne de l’intérieur », constate Friedman.

Il ajoute que l’image internationale d’Israël en a gravement pâti. « Elle a perdu son aura morale devant le monde, parce que sa guerre semblait être une tuerie sans horizon politique, surtout à l’ère des courtes vidéos qui montrent la tragédie sans contexte », conclut-il.

Une responsabilité partagée

Parallèlement, Friedman estime que la direction du Hamas mérite une condamnation similaire. « Ils ont mené une guerre qui l’a ramené au point où il en était avant le 7 octobre, sans gains ni réalisations, mais avec dévastation », affirme-t-il.

Il s’interroge sarcastiquement : « Si Yahya Sinwar était vivant et avait tenu une conférence de presse, je lui aurais demandé : qu’avez-vous réalisé ? Vous aviez un cessez-le-feu et un retrait israélien avant la guerre, et vous êtes retourné au même endroit après la destruction de Gaza. »

En conclusion de son analyse, Thomas Friedman affirme que si Donald Trump parvenait à obtenir un cessez-le-feu durable, le retrait israélien de Gaza et la libération de tous les otages, ce serait un exploit historique. « Si cela est réalisé, Trump méritera non seulement le prix Nobel de la paix, mais peut-être aussi le prix Nobel de physique et de chimie, car il aura combiné des équations impossibles à additionner », écrit-il.

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