Publié le 2023-09-03 15:30:00. Face à l’occupation russe, la Crimée doit devenir un territoire « inadapté à une vie normale » pour affaiblir le Kremlin. C’est l’avis de l’ancien ministre britannique de la Défense, Ben Wallace, tandis qu’un expert militaire ukrainien détaille comment des frappes ciblées pourraient mener à sa libération.
- La Crimée doit être rendue invivable pour les forces russes.
- Des frappes massives de missiles pourraient libérer la péninsule avec peu de pertes.
- La destruction des systèmes de défense russe est une étape clé.
Dans une interview accordée à la chaîne YouTube « News Factory », Roman Svitan, un expert militaire ukrainien, a exposé sa vision pour la libération de la Crimée. Selon lui, l’approche la plus efficace serait d’initier la reconquête du territoire par des frappes à distance, évitant ainsi des opérations terrestres complexes. « La Crimée est une chaudière opérationnelle géographique », a-t-il analysé, soulignant que la carte militaire révèle clairement comment procéder.
Svitan estime que l’Ukraine possède les moyens de cibler la péninsule, mais insiste sur la nécessité d’un financement adéquat pour une production en série suffisante de missiles. Il avance que des missiles « Neptune » – non pas des dizaines mais des centaines – pourraient neutraliser toutes les installations militaires russes permanentes en Crimée. Avec le soutien du renseignement des partenaires occidentaux, cette stratégie pourrait permettre une libération « presque sans effusion de sang pour nous », car « c’est le plus simple », selon l’expert.
L’expert ukrainien anticipe que le retrait ou la défaite des troupes russes en Crimée entraînerait un exode des civils russes qui s’y sont installés. Roman Svitan rappelle que ces civils sont considérés comme des complices de l’occupation, se trouvant en territoire étranger et ne bénéficiant donc pas, à son sens, de la protection des conventions relatives aux populations civiles.
Ces derniers mois, les services de renseignement ukrainiens ont activement ciblé les systèmes radar russes, notamment le radar S-400. Svitan souligne que l’élimination de ces localisateurs et des systèmes de défense aérienne conférerait à l’Ukraine une domination aérienne, ouvrant la voie à des frappes de missiles et des bombardements aériens d’envergure, marquant ainsi le début de la libération de la Crimée.
Cependant, il prévient que ce processus ne sera pas rapide, estimant qu’il pourrait s’étaler de six mois à un an. Pendant cette période, il est possible de « neutraliser » toute la présence militaire russe sur la péninsule. Récemment, l’analyste militaire de Sky News, Michael Clark, avait également évoqué la possibilité d’une « grande attaque » ukrainienne contre la Crimée avant l’hiver, suggérant un possible débarquement amphibie des forces armées ukrainiennes ou une attaque massive contre le pont de Kertch.