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La méthode de défluoration du Nagoya Institute of Technology permet une récupération efficace du fluor

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Publié le 10 octobre 2025. Des chercheurs de l’Institut de technologie de Nagoya (Japon) ont mis au point une méthode innovante pour dégrader le polytétrafluoroéthylène (PTFE) et d’autres substances per- et polyfluoroalkylées (PFAS), permettant ainsi de récupérer le fluor de manière écologique et efficace.

  • Une nouvelle technique de défluoration utilisant la dispersion de sodium permet de recycler des polymères fluorés à température ambiante.
  • Ce procédé atteint un rendement de récupération du fluor sous forme de fluorure de sodium (NaF) allant jusqu’à 98 %, facilitant sa réutilisation.
  • La méthode est applicable à une large gamme de PFAS, offrant une solution aux défis environnementaux posés par ces polluants persistants.

L’élimination des plastiques fluorés, tels que le polytétrafluoroéthylène (PTFE), couramment utilisé dans les revêtements antiadhésifs et les isolants électriques, représente un défi écologique majeur. Les méthodes actuelles, comme l’incinération, sont gourmandes en énergie et peuvent libérer des gaz nocifs, tandis que la mise en décharge entraîne une accumulation de ces matériaux non dégradés dans l’environnement. Pour pallier ces inconvénients, la défluoration, qui consiste à séparer le fluor des composés organiques, s’avère une voie prometteuse. Cependant, les techniques existantes nécessitent souvent des conditions extrêmes de température ou des réactifs complexes, sans pour autant optimiser la récupération du fluor.

Les travaux du professeur Norio Shibata et de son équipe à l’Institut de technologie de Nagoya (NITech) proposent une alternative remarquable. Ils ont développé une méthode de défluoration douce, opérant à 25 °C pendant 12 heures, qui utilise la dispersion de sodium dans du tétrahydrofurane (THF). Ce procédé permet de dégrader le PTFE et de récupérer jusqu’à 98 % du fluor sous forme de fluorure de sodium (NaF). Ce NaF ainsi récupéré peut ensuite être réutilisé, contribuant ainsi à une meilleure gestion des ressources en fluor.

L’étude, publiée le 15 juillet 2025 dans la revue Nature Communications, démontre l’efficacité de cette approche. Au-delà du PTFE, la technique s’est révélée capable de récupérer jusqu’à 97 % du fluor à partir de divers PFAS, notamment l’acide perfluorononanoïque, l’acide perfluorooctanoïque, l’acide perfluorobutanesulfonique et l’acide trifluoroacétique, en ajustant les paramètres de réaction. Les analyses spectrales et morphologiques ont confirmé la transformation complète du PTFE et l’efficacité de la récupération du fluorure.

« Le principal avantage de notre méthode est sa capacité à fonctionner à température ambiante, éliminant le besoin de conditions extrêmes », explique le professeur Shibata. Il souligne également le potentiel de cette approche pour réduire notre dépendance future à l’égard de la fluorine, une ressource minérale non renouvelable. Contrairement aux traitements au plasma ou à l’incinération à haute température employés pour d’autres PFAS, cette méthode est plus respectueuse de l’environnement, moins énergivore et génère moins d’émissions toxiques, offrant ainsi une solution durable pour la gestion des polluants persistants et la valorisation des ressources en fluor.

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