Publié le 15 février 2026 à 00h08. Le nouveau plan gouvernemental d’aide à l’achat de véhicules électriques, Auto+, est déjà jugé insuffisant par le secteur automobile, qui craint qu’il ne permette pas de soutenir la forte croissance actuelle des ventes. Des retards importants dans le versement des aides précédentes alimentent les inquiétudes.
- Le secteur automobile estime que les 400 millions d’euros alloués au programme Auto+ ne suffiront à couvrir que les aides pour le premier semestre de l’année.
- Plus de la moitié des aides du programme Moves III (52 %) n’ont toujours pas été versées aux bénéficiaires, malgré l’expiration du programme fin décembre 2025.
- Des disparités importantes existent entre les communautés autonomes en matière de versement des aides, certaines n’ayant versé aucun euro à leurs citoyens.
L’industrie automobile tire la sonnette d’alarme. « Il n’arrivera même pas au milieu de l’année », confie une source du secteur, résumant l’état d’esprit général face au nouveau programme Auto+. Lancé le 3 février, mais rétroactif au 1er janvier, Auto+ est censé remplacer le plan Moves, qui a échoué à dynamiser le marché des véhicules électriques et électrifiés après trois éditions.
Le programme Moves III, doté de 400 millions d’euros, souffrait déjà de retards considérables. Un constat alarmant ressort des chiffres : plus de la moitié des aides accordées, soit 52 %, n’avaient toujours pas été versées à leurs bénéficiaires au moment de son expiration le 31 décembre 2025.
En pratique, seulement un euro sur deux approuvé a effectivement atteint les milliers de citoyens ayant acheté un véhicule électrique ou hybride rechargeable au cours de l’année écoulée. La situation est particulièrement préoccupante dans certaines communautés autonomes, où le pourcentage d’aides versées est inférieur à la moyenne nationale, déjà faible, de 48 %. Seules neuf des dix-sept communautés autonomes, ainsi que les deux villes autonomes de Ceuta et Melilla, dépassent ce seuil.
Les îles Baléares, la Principauté des Asturies et Melilla sont en queue de peloton, n’ayant versé aucun euro à leurs citoyens, selon les données de l’Institut pour la diversification et l’économie d’énergie. À l’inverse, Ceuta affiche un taux de versement de 98 %, suivie de la Communauté de Madrid avec 71 %. Malgré ces disparités, 580,7 millions d’euros restent en attente de paiement au niveau des communautés autonomes. « Le retard accumulé est très important », reconnaissent les acteurs du secteur, tout en assurant que toutes les demandes déposées jusqu’au 31 décembre 2025 seront honorées.
Auto+ se distingue de ses prédécesseurs par l’introduction d’une remise directe au moment de l’achat, financée en partie par l’État et complétée par un minimum de 1 000 euros du concessionnaire. Moves III, quant à lui, était versé après l’acquisition et géré par les communautés autonomes. Ce nouveau système vise à simplifier les démarches administratives en centralisant la gestion, mais au prix d’une enveloppe financière plus limitée.
Le secteur automobile s’accorde à dire que, compte tenu du rythme actuel du marché et de la croissance des ventes de véhicules électrifiés – qui dépassent déjà 20 % des immatriculations (incluant les véhicules 100 % électriques et les hybrides rechargeables) – les 400 millions d’euros alloués à Auto+ ne suffiront à peine à couvrir les aides pour le premier semestre, estimé jusqu’en mai ou juin. En janvier 2025, les véhicules électrifiés représentaient 14,2 % des ventes, et l’année 2024 s’est clôturée avec une part moyenne de 11,4 %.
L’association des vendeurs et réparateurs Ganvam prévoit que les véhicules électrifiés pourraient atteindre près de 28 % du marché en 2026, ce qui accentuera encore la pression sur les programmes d’aide. Moves III disposait initialement d’un budget de 400 millions d’euros, qui a été progressivement augmenté pour atteindre 1,603 milliard d’euros (contre un budget initialement prévu de 1,335 milliard d’euros). Auto+ démarre avec un budget de 400 millions d’euros, mais avec des critères d’éligibilité plus stricts pour prolonger sa durée.
Le nouveau plan prend en compte non seulement le caractère électrique et le prix du véhicule, mais aussi le lieu d’assemblage final et la provenance d’une partie de la batterie, qui doivent être fabriqués dans l’Union européenne. Cette exigence impacte le montant de l’aide, qui peut être réduit jusqu’à 75 % si le véhicule ne répond pas à ces critères. Contrairement à Moves, l’origine du véhicule n’était pas prise en compte. De plus, Auto+ ne prévoit pas d’aide à l’installation de bornes de recharge. Malgré ces changements, constructeurs et concessionnaires restent sceptiques quant à la pérennité de ces aides, dont les modalités d’application n’ont pas encore été publiées.