Publié le 20 février 2026 à 12h56. L’ancien prince Andrew a été interpellé et relâché sous enquête en lien avec l’affaire Epstein, ravivant les tensions au sein de la monarchie britannique et suscitant des interrogations sur l’avenir de sa réputation.
- L’ancien prince Andrew a passé onze heures en garde à vue après des soupçons de mauvaise conduite liée à ses relations avec Jeffrey Epstein entre 2001 et 2011.
- Des documents récemment publiés par le ministère américain de la Justice suggèrent qu’il aurait transmis des informations confidentielles à Epstein.
- L’arrestation intervient le jour du 66e anniversaire du prince Andrew et coïncide avec une crise de confiance pour la monarchie.
L’ancien prince Andrew a été confiné ce vendredi au domaine de Sandringham, propriété privée du roi Charles III, dans l’est de l’Angleterre, suite à son arrestation la veille. Il a été « relâché sous enquête » jeudi soir après onze heures passées dans un commissariat.
L’interpellation fait suite à des soupçons de mauvaise conduite dans l’exercice de ses fonctions publiques, en raison de ses liens avec le criminel sexuel Jeffrey Epstein entre 2001 et 2011, période durant laquelle il occupait le poste de représentant spécial du Royaume-Uni pour le commerce international. Le ministère américain de la Justice a récemment rendu publics des millions de documents issus de son enquête sur Epstein, révélant des éléments compromettants.
Un courriel daté du 24 décembre 2010, adressé à Epstein, suggère que le frère du roi Charles III aurait transmis un « rapport confidentiel » concernant des opportunités d’investissement en Afghanistan. D’autres documents indiquent qu’Andrew aurait également envoyé des rapports sur des voyages d’affaires en Chine, à Singapour et au Vietnam au financier américain en 2010.
Cette affaire est distincte des accusations d’agression sexuelle portées contre Andrew par Virginia Giuffre, une Américano-Australienne liée à Epstein, qui s’est suicidée en 2025. Un accord à l’amiable, dont le montant reste confidentiel mais estimé par les médias britanniques à environ 12 millions de dollars (environ 11 millions d’euros), avait mis fin à cette procédure en 2022.
L’arrestation a dominé les unes des journaux britanniques, qui ont publié la même photographie d’Andrew sortant du commissariat, apparaissant émacié et visiblement affecté. La police locale a confirmé la fin de ses investigations dans le Norfolk.
Bien qu’aucune accusation n’ait été formellement annoncée, une mauvaise conduite dans l’exercice de fonctions publiques peut être passible d’une peine d’emprisonnement à vie, selon le Crown Prosecution Service.
Le roi Charles III n’a pas modifié son programme et a assisté à l’ouverture de la Fashion Week de Londres. Il a toutefois pris ses distances avec son frère dans un communiqué, soulignant que « la justice doit suivre son cours ».
Ed Owens, historien et spécialiste de la monarchie britannique, a souligné auprès de l’AFP la gravité de la situation pour l’institution.
« C’est un moment extrêmement important pour la monarchie britannique. »
Ed Owens, historien et commentateur de la monarchie britannique
Il s’est cependant montré prudent quant à la possibilité d’une inculpation formelle.
Au moins neuf forces de police britanniques ont annoncé qu’elles examinaient les allégations découlant des dossiers d’Epstein, dont un grand nombre concernent Andrew.
La presse britannique n’a pas ménagé l’ancien prince. Le Daily Mail titrait « Chute », tandis que The Sun rapportait qu’Andrew avait été soumis à un prélèvement d’échantillon de salive pour un test ADN, en plus de ses empreintes digitales et d’une photographie d’identité.
L’ancien président américain Donald Trump a qualifié l’arrestation de « très triste ».
« Je pense que c’est dommage. Je pense que c’est très triste. Je pense que c’est très mauvais pour la famille royale. C’est très, très triste. »
Donald Trump, ancien président américain
Anna Whitelock, professeure à l’Université de Londres et spécialiste de la famille royale, a estimé que cette arrestation marque un tournant.
« Normalement, la formule typique ‘restez calme et continuez’ est appliquée, mais dans ces circonstances, cela va être très difficile. »
Anna Whitelock, professeure à l’Université de Londres