La vie microscopique défie les conditions extrêmes des « salles blanches » spatiales
Malgré des environnements conçus pour une stérilité absolue, les microbes persistent et développent des stratégies de survie étonnantes au sein des installations dédiées à la préparation des missions spatiales. Ces bactéries, souvent inconnues de la science, poussent les agences spatiales à affiner leurs protocoles de détection.
Chaque année, des centaines de nouvelles espèces bactériennes sont identifiées dans les salles d’essai et d’assemblage des engins spatiaux de la NASA et de l’ESA. Cette année encore, 26 nouvelles bactéries ont été découvertes à partir d’échantillons prélevés dans deux de ces salles blanches ultra-nettoyées.
« Il existe toujours un microbiome diversifié, même dans les salles blanches et à bord des vaisseaux spatiaux », constate Nils Averesch, biologiste spatial à l’Université de Floride, qui n’a pas participé à la récente étude. Ces organismes microscopiques ont même été retrouvés à l’extérieur de la Station spatiale internationale, confrontés aux conditions hostiles du vide spatial.
Leur résilience s’explique par plusieurs mécanismes. Certains parviennent à se nourrir des produits stérilisants censés les éliminer. D’autres survivent en formant des spores, des structures protectrices extrêmement résistantes. « Sous forme de spores, les bactéries peuvent rester inertes pendant des millions d’années jusqu’à ce qu’elles trouvent les bonnes conditions pour se développer », explique Tirumalai.
Une autre stratégie consiste à entrer dans un état de dormance. « Ce sont des créatures rusées. Elles sont en mode veille », décrit le scientifique. De nombreuses espèces bactériennes se réveillent dès qu’elles retrouvent un apport nutritif, permettant aux chercheurs de les cultiver en laboratoire jusqu’à des niveaux détectables.
Cependant, certaines bactéries dormantes restent silencieuses même lorsqu’elles sont nourries. Cette forme de dormance leur permet de passer inaperçues. « On prélève des échantillons, on les place sur des boîtes de culture, et ils ne poussent pas », explique Widger. Cette capacité de dissimulation pose un défi considérable.
Le cas de T. phoenicis illustre parfaitement cette catégorie de bactéries particulièrement insaisissables.