Home Sciences et technologies La panne du support pousse des millions d’utilisateurs dans un coin

La panne du support pousse des millions d’utilisateurs dans un coin

0 comments 67 views

Publié le 2024-10-17 10:00:00. Microsoft a officiellement mis fin au support gratuit de Windows 10, laissant plus d’un milliard d’ordinateurs sans mises à jour de sécurité depuis le 14 octobre. Cette décision contraint les utilisateurs à choisir entre une mise à niveau coûteuse, un paiement pour des mises à jour de sécurité étendues, ou l’acceptation d’un risque accru.

  • Fin du support gratuit pour Windows 10 le 14 octobre, affectant plus d’un milliard de PC.
  • Trois options s’offrent aux utilisateurs : passer à Windows 11, acheter du nouveau matériel ou souscrire à des mises à jour de sécurité payantes.
  • Les mises à jour de sécurité étendues (ESU) sont désormais disponibles pour les particuliers, avec des tarifs variés selon le nombre d’appareils et les conditions.

Après plus d’une décennie de service, le système d’exploitation Windows 10 est désormais considéré comme une vulnérabilité. Sans les correctifs de sécurité réguliers, les machines deviennent des cibles faciles pour les malwares et autres cybermenaces. Cette situation affecte particulièrement ceux qui possèdent des ordinateurs plus anciens, incapables de répondre aux exigences matérielles strictes de Windows 11.

Microsoft propose des « Mises à jour de sécurité étendues » (ESU) pour ceux qui souhaitent continuer à utiliser Windows 10. Historiquement réservées aux entreprises, ces mises à jour sont désormais accessibles aux particuliers. Moyennant un abonnement, les utilisateurs bénéficieront des correctifs de sécurité essentiels jusqu’en octobre 2026, sans toutefois recevoir de nouvelles fonctionnalités ni de support technique.

Les conditions pour ces ESU varient. Pour les particuliers, le coût est de 30 euros en paiement unique, couvrant jusqu’à dix appareils, à condition de sauvegarder les paramètres sur le cloud Microsoft ou d’accumuler 1 000 points Microsoft Rewards. Pour les entreprises, le tarif est de 57 euros par appareil pour la première année, doublant ensuite chaque année. Ce programme ESU n’est qu’un sursis temporaire, le support se terminant définitivement après trois ans maximum.

Windows 11 : un design moderne mais des exigences élevées

Microsoft pousse activement à la migration vers Windows 11, son système d’exploitation le plus récent, qui arbore un design modernisé et est réputé pour sa sécurité renforcée. Cependant, les exigences matérielles sont particulièrement strictes, excluant de fait des millions d’ordinateurs encore parfaitement fonctionnels.

Pour être compatible, un PC doit notamment posséder un processeur 64 bits, au moins 4 Go de RAM, 64 Go d’espace de stockage, supporter l’UEFI avec Secure Boot, et surtout être équipé d’une puce de sécurité TPM (Trusted Platform Module) version 2.0. L’outil « Contrôle d’intégrité du PC » de Microsoft permet de vérifier la compatibilité d’une machine. Ceux qui ne répondent pas à ces critères verront la mise à jour automatique de Windows bloquée, créant une fracture parmi les utilisateurs.

La voie alternative : l’installation par des astuces

Pour contourner ces restrictions, certains utilisateurs « bricoleurs » ont recours à des méthodes non officielles. Des outils tels que Rufus permettent de créer des clés USB d’installation qui ignorent les vérifications du TPM et du processeur. Des modifications du registre système peuvent également ouvrir la voie à l’installation.

Microsoft met cependant en garde contre ces pratiques. L’utilisation de matériel incompatible peut entraîner des instabilités du système, des problèmes de pilotes, voire des failles de sécurité. De plus, les futures mises à jour ne sont pas garanties et toute dégradation du matériel ne serait pas couverte par la garantie du fabricant. Pour ceux qui souhaitent malgré tout tenter l’installation de Windows 11 sur un appareil « incompatible », il est possible de demander un rapport gratuit détaillant la procédure étape par étape, y compris la gestion des tests TPM et CPU, ainsi que les points d’attention essentiels : Installer Windows 11 même s’il est « incompatible ».

Une transition générationnelle orchestrée ?

L’arrêt du support de Windows 10 n’est pas un simple hasard, mais s’inscrit dans une stratégie de Microsoft. Si l’exigence du TPM 2.0 vise officiellement à renforcer la sécurité matérielle, de nombreux observateurs y voient plutôt une manœuvre visant à stimuler le renouvellement du parc informatique, au risque de transformer des millions d’ordinateurs fonctionnels en déchets électroniques.

Les chiffres témoignent de cette transition lente : 41 % des PC Windows utilisent encore Windows 10, tandis que Windows 11 équipe 49 % des machines. Cette migration progressive explique en partie la proposition d’ESU particulièrement avantageuse pour les particuliers.

L’année décisive débute

Les douze prochains mois s’annoncent cruciaux pour l’écosystème Windows. Les utilisateurs ayant opté pour les ESU auront jusqu’à octobre 2026 pour trouver une solution pérenne, qu’il s’agisse d’acquérir un nouveau matériel ou de se tourner vers d’autres systèmes d’exploitation.

Le message de Microsoft est clair : le temps de grâce est terminé. Ceux qui prennent leur sécurité numérique au sérieux doivent agir dès maintenant. Reste à voir si la firme de Redmond reverra sa politique de support face à une possible résistance persistante. Une chose est certaine : Windows 10, même s’il continue de fonctionner sur des millions de PC, appartient désormais au passé.

Leave a Comment

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.