Publié le 17 février 2026 08:19:00. Une nouvelle étude révèle que la perte auditive liée à l’âge, ou presbyacousie, pourrait engendrer des dommages cérébraux bien avant l’apparition de troubles perceptifs, ouvrant la voie à de potentiels biomarqueurs pour la détection précoce de la démence.
- Des chercheurs ont identifié une corrélation neurobiologique entre la perte auditive et le déclin cognitif, appelée relation fonctionnelle-structurelle (RFS).
- Cette relation affaiblie entre l’oreille et le cerveau concerne des zones impliquées dans le traitement du son, de la parole, de la mémoire et de la prise de décision.
- La préservation de la santé auditive pourrait ainsi jouer un rôle protecteur pour l’intégrité du cerveau.
Des scientifiques de l’Université de Tiangong et de l’hôpital provincial du Shandong en Chine se sont penchés sur les liens entre la perte auditive et les troubles cognitifs associés à la presbyacousie, une forme courante de perte auditive liée à l’âge qui affecte également la capacité à comprendre la parole. Bien qu’un lien entre ces deux phénomènes ait déjà été établi, les mécanismes biologiques sous-jacents restaient jusqu’à présent mal compris.
Leur travail, publié dans la revue ‘eNeuro’, met en évidence une relation fonctionnelle-structurelle (RFS) spécifique. Les chercheurs ont constaté que chez les personnes atteintes de presbyacousie, le putamen et le gyrus fusiforme – des zones du cerveau impliquées dans le traitement des sons et de la parole – ainsi que le précuneus et le gyrus frontal médial supérieur – essentiels à la mémoire et à la prise de décision – présentent une connectivité affaiblie avec les réseaux cérébraux fonctionnels.
Cette diminution de la connectivité s’est avérée directement liée à des seuils d’audition plus élevés et à des performances moindres aux tests évaluant la mémoire et les fonctions exécutives. Selon les auteurs, ces résultats suggèrent que la perte auditive induit une détérioration coordonnée de la structure et du fonctionnement cérébral, contribuant ainsi aux symptômes observés.
« La conclusion la plus importante est que la préservation de la santé auditive peut protéger l’intégrité du cerveau. Puisque les modifications de la RFS sont corrélées à la fois à la perte auditive et au déclin cognitif, cette relation pourrait éventuellement servir de biomarqueur. »
Chercheurs de l’Université de Tiangong et de l’hôpital provincial du Shandong
Ils envisagent que cette relation pourrait à terme servir de biomarqueur, permettant aux médecins d’identifier les personnes présentant un risque accru de démence grâce à l’analyse de leurs scanners cérébraux.