Publié le 2025-10-01 22:03:00. Une pétition américaine, soutenue par une large coalition d’organisations et de personnalités, exhorte Microsoft à prolonger gratuitement le support de sécurité pour Windows 10, dénonçant l’obsolescence programmée et ses conséquences environnementales.
- Plus de 16 000 consommateurs, des ateliers de réparation, des organisations environnementales, des établissements d’enseignement et 83 politiciens ont signé la pétition.
- Microsoft rendrait difficile la mise à niveau vers Windows 11 pour près de 40% des utilisateurs de Windows 10 en raison d’exigences matérielles strictes.
- L’Europe bénéficiera de mises à jour gratuites jusqu’en octobre 2026, tandis que le reste du monde devra payer ou partager ses données.
Andre Delattre, responsable des opérations du réseau américain PIRG (Public Interest Research Group), dénonce un système « jetable » qui pollue la planète, nuit aux droits des consommateurs et engendre une « fatigue électronique ». La pétition vise directement le PDG de Microsoft, Satya Nadella, soulignant que des centaines de millions d’ordinateurs pourraient être mis au rebut, contredisant les propres objectifs de durabilité de l’entreprise. En moyenne, seulement un quart des appareils abandonnés sont recyclés.
Les défenseurs des consommateurs en Europe ont obtenu une première victoire : Microsoft a confirmé que les mises à jour de sécurité automatiques pour Windows 10 seront maintenues gratuitement jusqu’au 13 octobre 2026. Cette décision s’appuie sur la législation européenne visant les marchés numériques et le contenu, ainsi que sur les objectifs de durabilité de l’Union européenne.
En dehors de l’Espace Économique Européen (EEE), Microsoft propose des mises à jour de sécurité mensuelles payantes (environ 30 dollars plus taxes) ou via des points de fidélité. Une alternative consiste à activer la sauvegarde Windows, permettant le stockage continu des données et des paramètres dans le cloud de Microsoft, en échange du partage de données personnelles.
Nathan Proctor, directeur du PIRG, qualifie cette interruption de support pour des centaines de millions d’ordinateurs de « particulièrement préjudiciable pour les consommateurs, l’environnement et la sécurité publique », affirmant qu’un tel volume d’appareils n’a jamais été coupé de son support technique simultanément.
Cette situation s’explique par plusieurs facteurs. D’une part, le nombre d’ordinateurs en service est aujourd’hui plus élevé qu’à l’époque des précédentes fins de support pour des systèmes d’exploitation majeurs. D’autre part, Microsoft a raccourci le cycle de vie du support : Windows XP a été supporté sept ans après la sortie de Vista, et Windows 7, huit ans après celle de Windows 8. Avec Windows 10, ce délai n’est que de quatre ans depuis l’introduction de Windows 11, affectant une proportion bien plus importante du parc informatique mondial.
À la différence des générations précédentes, Microsoft a imposé des restrictions matérielles strictes pour Windows 11. De nombreux ordinateurs fonctionnels se voient ainsi refuser la mise à niveau. Parallèlement, Microsoft peine à imposer son nouveau système. Selon les estimations de StatCounter, Windows 11 n’atteignait pas 50% des ordinateurs de bureau connectés à Internet en août et septembre, tandis que Windows 10 dépassait les 40%. Fait notable, Windows 7, système obsolète, connaît même une hausse surprenante à 10%.