Publié le 2025-10-23 17:10:00. De plus en plus d’Américains se tournent vers des formations courtes et professionnalisantes, mais financent souvent ces parcours coûteux sur leurs fonds propres, révèle une nouvelle étude. Cette tendance s’inscrit dans un contexte de désaffection croissante pour les cursus universitaires traditionnels.
- Le nombre d’Américains obtenant des certificats professionnels ou des licences industrielles a triplé entre 2009 et 2021.
- La majorité de ces formations sont financées par les participants eux-mêmes, soit par leur épargne personnelle, soit par le soutien de leur employeur.
- Ces programmes, bien que potentiellement coûteux, ne garantissent pas toujours un retour sur investissement avantageux, soulevant des inquiétudes quant au poids financier pour les étudiants.
Un rapport récent met en lumière une évolution significative du paysage éducatif américain : l’essor fulgurant des programmes délivrant des certifications professionnelles et des licences industrielles, distincts des diplômes universitaires classiques. Selon les données collectées en 2022 auprès de plus de 15 000 adultes américains, le taux d’obtention de ces qualifications a connu une croissance exponentielle, passant d’environ 0,4 % à 1,2 % pour les certificats professionnels et de 0,5 % à 1,6 % pour les licences industrielles entre 2009 et 2021. Au total, 34 % des adultes interrogés possédaient désormais une telle certification.
Parallèlement, les inscriptions aux programmes menant à des diplômes traditionnels tels que le baccalauréat ou le diplôme d’associé ont montré une tendance à la baisse sur la même période. Cette popularité grandissante des formations courtes et axées sur le marché du travail soulève une question cruciale : comment les étudiants financent-ils ces parcours ?
Les conclusions du nouveau rapport, issu d’une enquête menée par le Bureau du recensement des États-Unis, apportent des éléments de réponse. La majorité des titulaires de certificats professionnels (51 %) et de licences industrielles (71 %) déclarent avoir utilisé leurs propres ressources financières. Le soutien des employeurs joue également un rôle non négligeable, puisqu’un quart des titulaires de licence et 15 % des titulaires de certificat ont bénéficié d’une aide de leur entreprise. Un cinquième des deux groupes ont également eu recours à des prêts publics ou privés.
Ama Takyi-Laryea, directrice principale de l’initiative de prêts étudiants de Pew, exprime ses préoccupations : « Bien que ces programmes connaissent un essor considérable, nous savons encore trop peu de choses sur la manière dont les étudiants les financent. » Elle souligne que ces formations peuvent représenter un coût conséquent, citant une note du Fonds pour l’éducation qui estime le coût mensuel médian entre 2 100 et 2 500 dollars selon le prestataire. Elle plaide pour des recherches plus approfondies, notamment sur l’usage de cartes de crédit pour couvrir ces frais.
« Les parcours étudiants dans ces programmes sont contrastés », ajoute-t-elle. « Parfois, malgré des coûts élevés, les étudiants se retrouvent endettés de manière insoutenable ou avec une qualification de peu de valeur. Une meilleure compréhension des modalités de financement permettrait de les prémunir contre des solutions plus risquées. » Une analyse complémentaire du rapport révèle par ailleurs que beaucoup d’étudiants cumulent ces certifications avec des diplômes universitaires, plus de la moitié des personnes interrogées détenant ces deux types de qualifications.