Publié le 2025-11-02 13:33:00. Une violente attaque au couteau a éclaté samedi soir à bord d’un train en Angleterre, blessant onze personnes. La police a rapidement arrêté deux suspects mais exclut pour l’heure toute motivation terroriste.
- Un homme de 32 ans et un autre de 35 ans ont été interpellés après l’agression survenue dans un train London North Eastern Railway.
- Dix personnes ont été hospitalisées, dont deux dont le pronostic vital est engagé.
- Les forces de l’ordre privilégient une piste non terroriste, malgré une mobilisation initiale de l’antiterrorisme.
La police britannique des transports a annoncé dimanche avoir procédé à l’arrestation de deux hommes dans le cadre de l’agression au couteau survenue samedi soir à bord d’un train. L’incident, qui a fait onze blessés, dont deux dans un état critique, s’est produit alors que le convoi traversait le nord de l’Angleterre. Les enquêteurs ont rapidement écarté la piste terroriste, même si le dispositif antiterroriste avait été initialement engagé.
Selon les premières informations communiquées par les autorités, les deux suspects arrêtés sont âgés de 32 et 35 ans. La police a tenu à préciser qu’ils étaient tous deux nés au Royaume-Uni, et a mentionné leur origine ethnique : le plus jeune serait noir, tandis que le plus âgé serait un ressortissant britannique d’origine caribéenne. Ces précisions visent à prévenir les spéculations et les théories en ligne, une pratique devenue plus fréquente au sein des forces de l’ordre britanniques.
L’attaque s’est déroulée peu après 18h30, alors que le train avait quitté Doncaster en direction de Londres. Les premiers appels à la police ont été enregistrés vers 19h42, signalant des agressions à l’arme blanche après le passage du train à Peterborough. Des témoins décrivent un individu armé d’un grand couteau qui aurait parcouru les wagons en poignardant des passagers, certains se réfugiant dans les toilettes dans la panique. Un passager, Olly Foster, a raconté à la BBC avoir cru d’abord à une mauvaise blague, avant de constater l’effroi sur les visages des autres voyageurs et de voir un homme blessé à la tête alors qu’il protégeait une jeune fille.
Le train a été dérouté vers la gare de Huntingdon, où des agents armés ont rapidement investi les wagons et interpellé les deux hommes présumés responsables, huit minutes après le premier signalement. Le surintendant John Loveless, en charge de l’enquête, a confirmé que dix personnes avaient été transportées à l’hôpital par ambulance, et une onzième s’y était rendue par ses propres moyens. Après évaluation, deux blessés demeurent dans un état potentiellement mortel, tandis que quatre autres ont pu quitter l’établissement de santé.
« C’est un incident choquant et avant tout, mes pensées vont à la famille et aux amis, à ceux qui ont été touchés et à ceux qui sont blessés », a déclaré le surintendant Loveless, appelant à ne pas spéculer sur les motivations des agresseurs tant que l’enquête n’aura pas progressé.
Cette agression survient dans un contexte de recrudescence des violences au Royaume-Uni. La semaine dernière, un homme avait été poignardé à mort et deux autres blessés à Londres ; un réfugié afghan était suspecté. Le mois précédent, deux personnes avaient été tuées et trois blessées lors d’une attaque dans une synagogue à Manchester.
Le Premier ministre Keir Starmer a exprimé sa solidarité avec les victimes et salué l’intervention rapide des services d’urgence. Le secrétaire à la Défense, John Healey, a réitéré que le niveau de menace terroriste nationale restait « substantiel » et a appelé la population à redoubler de vigilance, non seulement face aux menaces physiques mais aussi aux risques de cybercriminalité. Le roi Charles III s’est dit « consterné et choqué » par cette attaque, transmettant ses plus profondes sympathies.
Kemi Badenoch, chef du Parti conservateur, a pour sa part estimé qu’il était temps d’ouvrir un débat national sur la criminalité violente, affirmant qu’il n’était pas acceptable que des citoyens vaquant à leurs occupations soient exposés à un tel niveau de violence.