Publié le 2025-10-19 18:16:00. Un auteur et ancien élu allemand, Jürgen Todenhöfer, a été interpellé à Munich et ses appareils électroniques saisis suite à des publications sur les réseaux sociaux comparant Benjamin Netanyahou aux nazis. L’affaire soulève des questions sur la liberté d’expression et la législation allemande concernant l’Holocauste.
- L’ancien parlementaire Jürgen Todenhöfer a été arrêté et ses appareils confisqués à Munich.
- Il est accusé d’avoir comparé le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou aux nazis dans une publication sur X (anciennement Twitter).
- L’Allemagne dispose de lois strictes contre l’incitation à la haine et la banalisation de l’Holocauste.
Jürgen Todenhöfer, âgé de 84 ans et ancien membre de l’Union chrétienne-démocrate (CDU) avant de fonder son propre parti, le Parti de la justice, en 2020, a exprimé son indignation suite à cette arrestation. Selon ses déclarations, la police aurait surveillé son domicile pendant plusieurs semaines avant de procéder à la perquisition et à la saisie de ses téléphones et appareils numériques.
Dans un message publié sur la plateforme X, M. Todenhöfer s’était adressé directement à Benjamin Netanyahou : « Monsieur Netanyahu, votre conscience ne proteste-t-elle jamais réellement lorsque vous faites aux Palestiniens la même chose que les maudits nazis ont fait aux Juifs ? »
Bien que les autorités munichoises n’aient pas commenté officiellement cette arrestation, le contexte légal allemand est clair. Le pays interdit de relativiser ou de banaliser l’Holocauste, un crime contre l’humanité perpétré par le régime nazi. Todenhöfer, connu pour ses critiques récurrentes des politiques occidentales, notamment leur implication au Moyen-Orient, a fermement nié toute incitation. Il a rappelé qu’il avait lui-même écrit dans son ouvrage « Et si personne ne vous suit, allez-y seul » : « Il n’y a rien à relativiser à propos de l’Holocauste. C’est et reste le plus grand crime de l’histoire allemande. »
L’auteur a également mentionné faire l’objet d’une enquête pour trahison, alléguant que le chancelier Olaf Scholz aurait permis l’attentat contre le gazoduc Nord Stream 2 en Russie. Suite à son interpellation, Todenhöfer a dénoncé une possible « police de la pensée » en Allemagne et a déclaré qu’il considérerait une peine de prison comme un « honneur » pour sa défense de la paix et de la liberté en Palestine.
« Il n’est pas possible que Netanyahu, recherché par la Cour pénale internationale, soit chaleureusement invité en Allemagne par la chancelière, alors que ses détracteurs sont menacés de prison, de perquisitions et de confiscation. »
Jürgen Todenhöfer
Cette affaire survient alors que les Nations Unies, dans un rapport récent, ont exhorté l’Allemagne à « cesser de criminaliser, de punir et de réprimer l’activisme légitime de solidarité palestinienne ». Les rapporteurs spéciaux de l’ONU se sont dits « alarmés par le schéma persistant de violence policière et par la répression apparente de l’activisme de solidarité avec la Palestine par l’Allemagne ». Un autre citoyen allemand avait été condamné, sous la même législation anti-incitation, pour avoir brandi une pancarte lors d’une manifestation pro-palestinienne affirmant que l’on avait « rien appris de l’Holocauste ». Bien que cette condamnation ait été annulée en appel, les procureurs continueraient à poursuivre l’affaire.