Publié le 2025-10-19 17:39:00. Le pape François a procédé dimanche à la canonisation de deux personnalités vénézuéliennes, dont le médecin José Gregorio Hernández, surnommé le « médecin des pauvres », offrant ainsi au pays sud-américain ses premiers saints. Cette célébration intervient dans un contexte de crise économique persistante et de nouvelles tensions diplomatiques.
- José Gregorio Hernández, vénéré pour son dévouement envers les plus démunis, et Mère Carmen Rendiles Martínez, fondatrice d’un ordre religieux, ont été déclarés saints lors d’une messe sur la place Saint-Pierre.
- Des milliers de Vénézuéliens, tant à Rome qu’au Venezuela, ont célébré cet événement historique, apportant une note d’espoir au milieu des difficultés économiques et sociales.
- Sept personnes au total ont été canonisées, dont Peter To Rot, premier saint de Papouasie-Nouvelle-Guinée, et plusieurs autres religieux et laïcs ayant fait preuve d’une grande foi.
La place Saint-Pierre a vibré au rythme des chants et des drapeaux vénézuéliens, brandis par une foule estimée à 70 000 personnes venues assister à la cérémonie présidée par le pape François. Au Venezuela, à Caracas, une foule nombreuse s’était rassemblée devant l’église Nuestra Señora de La Candelaria, pour suivre la messe sur écran géant. « C’est une bonne nouvelle après tant de tristesse », a confié Ana Sanabria, une Vénézuélienne de 71 ans, alors que des feux d’artifice illuminaient le ciel de la capitale.
La canonisation de José Gregorio Hernández revêt une importance particulière pour le Venezuela, où il est une figure quasi mythique. Médecin dévoué à la fin du XIXe et au début du XXe siècle, il soignait gratuitement les pauvres, leur fournissant même parfois des médicaments sur ses propres deniers. Sa mort accidentelle en 1919 a marqué le début d’une vénération populaire qui n’a cessé de croître. Déjà en 1996, le pape Jean-Paul II avait reçu une pétition de 5 millions de signatures demandant sa béatification. Le Vatican a précisé que la canonisation de Hernández et de Bartolo Longo avait été approuvée en contournant le processus habituel de confirmation de miracles, en raison de leur « vénération généralisée » parmi les fidèles.
Le président vénézuélien Nicolás Maduro a salué l’initiative du pape François, la qualifiant de « beau cadeau » pour le Venezuela. « Aujourd’hui, nous avons élevé une prière pour l’esprit éternel de celui qui va devenir saint, ainsi que pour le pape François », a-t-il déclaré à Caracas.
Cette célébration intervient dans un contexte géopolitique tendu pour le Venezuela. Le pays fait face à une crise économique profonde, exacerbée par les sanctions américaines, qui a entraîné l’exil de millions de Vénézuéliens. Parallèlement, les relations avec les États-Unis se sont détériorées suite à des opérations militaires américaines ciblées contre des cartels de drogue présumés et des menaces d’intervention terrestre de la part de Washington. Le gouvernement de Maduro, déjà fragilisé par des accusations de fraude électorale, peine à subvenir aux besoins de sa population, dont une grande partie vit dans la pauvreté.
Au cours de son homélie, le pape François a présenté les sept nouveaux saints comme des modèles pour les catholiques contemporains, les invitant à « porter la lampe de la foi ». Outre les Vénézuéliens, la cérémonie a vu la canonisation de Peter To Rot, un laïc papouan tué en 1945 pour avoir défendu le mariage monogame. Ont également été canonisés l’archevêque Ignazio Choukrallah Maloyan, victime du génocide arménien, Sœur Vincenza Maria Poloni, Sœur Maria Troncatti, missionnaire en Équateur, et Bartolo Longo, dont la sainteté repose sur une dévotion populaire.