JAKARTA, Indonésie – La police indonésienne a procédé à des saisies significatives, dont de la poudre explosive et des écrits, au domicile d’un adolescent de 17 ans soupçonné d’être l’auteur de l’explosion survenue vendredi dans la mosquée d’un lycée, blessant plusieurs dizaines d’étudiants. Les autorités explorent désormais d’éventuels liens entre le jeune homme et des groupes extrémistes.
Le suspect, lui-même parmi les 54 personnes blessées lors de l’attentat qui a secoué le quartier de Kelapa Gading, dans le nord de Jakarta, se trouve actuellement hospitalisé. Il a subi une intervention chirurgicale, tout comme un autre étudiant, en raison des blessures occasionnées par les déflagrations.
« L’état de santé du suspect s’améliore, ce qui devrait nous permettre de le soumettre à un interrogatoire plus poussé une fois son rétablissement achevé », a indiqué le chef de la police nationale, Listyo Sigit, après avoir visité le jeune homme et d’autres victimes. À ce stade, les enquêteurs privilégient la piste d’un suspect unique, mais n’excluent pas la possibilité d’une implication plus large.
« Nous ne nous arrêterons pas là. Nous continuerons nos investigations pour déterminer si d’autres individus ou groupes ont pu être impliqués », a précisé M. Sigit.
L’incident s’est produit aux alentours de midi, au moment où le sermon du vendredi débutait à la mosquée du lycée public SMAN 72, située dans une zone résidentielle près de la marina. Au moins deux fortes explosions ont retenti, provoquant la panique parmi les fidèles, tandis qu’un épais nuage de fumée grise envahissait le lieu de culte.
Le type d’explosifs utilisés n’a pas encore été identifié, mais les détonations provenaient des abords du haut-parleur de la mosquée, a précisé le chef de la police de Jakarta, Asep Edi Suheri. La plupart des victimes se trouvant à proximité ont subi des dommages auditifs. Samedi, une vingtaine d’étudiants restaient hospitalisés pour des brûlures et d’autres blessures.
Vendredi, les forces de l’ordre avaient déjà retrouvé une réplique de mitraillette appartenant au suspect. Sur l’objet, des inscriptions semblant être des slogans suprémacistes blancs et les noms de deux néo-nazis condamnés pour des attaques meurtrières au Canada et en Italie avaient été découvertes.
La police a formellement écarté la thèse d’une attaque terroriste. Elle confirme toutefois enquêter sur des allégations de presse locales suggérant que le suspect, victime de harcèlement scolaire, aurait agi par vengeance, dans une intention présumée d’attentat suicide.
Selon Ridlwan Habib, analyste en renseignement et terrorisme à l’Université d’Indonésie, l’adolescent, régulièrement harcelé, aurait pu chercher à se venger en mimant les actions d’extrémistes rencontrés en ligne. « C’est un précédent inédit en Indonésie : une attaque perpétrée au sein d’un établissement scolaire par un élève de 17 ans, visant ses propres camarades », a-t-il souligné.
Les voisins du suspect le décrivent comme un adolescent réservé et peu expansif, vivant avec son père et sa sœur aînée dans une maison où était également traitée la nourriture de plusieurs restaurants. « C’était quelqu’un de calme, qui restait souvent dans sa chambre, absorbé par son téléphone ou son ordinateur portable », a témoigné un voisin, Danny Rumondor, rappelant que les parents du jeune homme avaient divorcé il y a plus de sept ans.