Home International La politique continue par d’autres moyens alors que les Blue Jays de Toronto affrontent les Dodgers de Los Angeles | Canada

La politique continue par d’autres moyens alors que les Blue Jays de Toronto affrontent les Dodgers de Los Angeles | Canada

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Publié le 24 octobre 2025 14:12:00. Dans un climat de tensions diplomatiques et économiques accrues entre le Canada et les États-Unis, la participation des Blue Jays de Toronto aux Séries mondiales de baseball est vécue comme un symbole de fierté nationale et une affirmation de la puissance sportive canadienne.

  • La confrontation entre les Blue Jays de Toronto et les Dodgers de Los Angeles pour les Séries mondiales est perçue comme une compétition de haut niveau aux implications politiques et identitaires fortes.
  • Cette finale intervient dans un contexte de relations tendues entre le Canada et les États-Unis, marquées par des menaces économiques et des déclarations hostiles.
  • L’équipe canadienne est le symbole d’une fierté nationale renouvelée, rappelant l’importance historique du baseball au Canada et sa contribution à l’identité sportive du pays.

Alors que le Canada se prépare à affronter les puissants Dodgers de Los Angeles, une équipe américaine aux moyens financiers considérables et regorgeant de stars, un sentiment de « politique par d’autres moyens », cher au théoricien militaire prussien Carl von Clausewitz, flotte dans l’air sportif canadien. Au cours de la dernière année, le Canada a traversé une période de friction diplomatique et économique avec son principal allié et partenaire commercial. Cette confrontation sportive, la première finale professionnelle de cette ampleur entre les deux nations depuis le tournoi de hockey de l’année précédente, est vue par de nombreux Canadiens comme une affirmation de leur influence croissante dans le monde du baseball et comme une manifestation de leur fierté nationale.

Les relations bilatérales se sont tendues au cours de l’année écoulée, notamment suite aux déclarations de Donald Trump, alors président des États-Unis, qui avait évoqué la possibilité d’annexer le Canada. Ces provocations ont culminé lors d’une rencontre de hockey sur glace où les hymnes nationaux ont été accueillis par des huées réciproques, soulignant la tension ambiante. Après la victoire canadienne, l’ancien Premier ministre Justin Trudeau avait déclaré sur les réseaux sociaux : « Vous ne pouvez pas prendre notre pays – et vous ne pouvez pas prendre notre jeu. » Bien que les relations commerciales aient montré des signes d’apaisement récemment, un certain nombre de Canadiens maintiennent un boycott informel des produits américains.

Lors d’une visite à la Maison Blanche, Donald Trump avait réagi à une nette baisse des visites transfrontalières entre les deux pays en affirmant : « Le peuple du Canada, il nous aimera à nouveau. » Profitant de cette occasion, le Premier ministre Mark Carney avait répondu avec confiance : « Nous descendons pour les Séries mondiales, Monsieur le Président. » Moins d’un an auparavant, Carney avait exprimé son enthousiasme suite à une victoire des Blue Jays contre les Mariners de Seattle, un succès spectaculaire et statistiquement improbable qui a propulsé l’équipe en Séries mondiales pour la première fois depuis plus de trente ans. Le match décisif, scellé par un coup de circuit, est considéré comme un moment historique pour la franchise, donnant lieu à des vidéos virales combinant la musique de la chanteuse canadienne Céline Dion avec l’exultation de la foule.

À la veille du premier match, Mark Carney a affirmé que Donald Trump craignait de parier sur la série, ajoutant : « Il n’aime pas perdre. Il n’a pas donné suite. Il ne m’a pas encore rappelé pour le pari, donc je suis prêt. Nous sommes prêts à parier avec les États-Unis. » Contrairement au hockey, où six équipes professionnelles canadiennes évoluent, les Blue Jays représentent la seule équipe de baseball des ligues majeures à bénéficier d’un soutien national. Malgré l’immense popularité du baseball aux États-Unis, le parcours des Blue Jays met en lumière les racines profondes et souvent méconnues de ce sport au Canada. Certaines des premières équipes professionnelles étaient basées dans le sud de l’Ontario, et Babe Ruth y avait frappé son tout premier circuit. Jackie Robinson, quant à lui, avait brisé la ségrégation en jouant pour une équipe montréalaise avant de rejoindre les Dodgers de Brooklyn.

« Le hockey unit les Canadiens, mais le baseball le fait aussi. Le Canada joue un rôle absolument fondamental dans ce qu’est aujourd’hui la Ligue majeure de baseball. Nous avons contribué à façonner ce sport. À bien des égards, nous en sommes les coauteurs », a déclaré Liam Mooney, dont les casquettes « Le Canada n’est pas à vendre » sont devenues virales en début d’année. Ces casquettes étaient une réponse aux couvre-chefs « Make America Great Again » portés par Donald Trump, un « petit acte de patriotisme pour répondre à ces grandes menaces et à ces grandes fanfaronnades ». Les casquettes de Mooney ont connu un succès national, transcendant les divisions politiques et géographiques, un phénomène peut-être similaire à celui des Blue Jays. Alors que les non-Torontois ont souvent tendance à se moquer de la métropole, l’équipe de baseball bénéficie d’une exception, son logo étant visible partout au pays. « Les Blue Jays ont rassemblé le pays auparavant, plus que toute autre équipe », a rappelé Mooney, soulignant que l’équipe avait un bilan parfait aux Séries mondiales, ayant remporté ses apparitions en 1992 et 1993. « Ils ont créé des histoires et des souvenirs dans la vie des gens. Et ils vont recommencer. »

Les médias américains présentent les Jays comme les outsiders de cette série au meilleur des sept matchs, bien que certains aient évoqué une confrontation « David contre Goliath », les Dodgers ayant dépensé massivement pour recruter des joueurs de renom. Leurs 509,5 millions de dollars (environ 470 millions d’euros), taxes comprises, dépassent le double des 252,7 millions de dollars (environ 233 millions d’euros) des Blue Jays, reflétant ainsi la disparité économique entre les deux pays. Ce premier match marque la 23e participation des Dodgers aux Séries mondiales. Pour l’équipe canadienne, cette apparition tardive revêt une signification plus profonde. « Nous sommes une nation de hockey. Nous sommes une nation de crosse. Mais le baseball a été fondamental pour l’expérience canadienne », a conclu Mooney. « Et si c’est ‘le passe-temps de l’Amérique’ ? Eh bien, cette année, nous y viendrons certainement. »

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