Home Divertissement Ils quittent une île soviétique en 1990 et des images effrayantes apparaissent des animaux qui occupent leur station météo.

Ils quittent une île soviétique en 1990 et des images effrayantes apparaissent des animaux qui occupent leur station météo.

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Publié le 2025-10-24 12:39:00. Au cœur de l’Arctique russe, sur l’île Kolyuchin, une ancienne station météo soviétique est devenue un refuge inattendu pour les ours polaires, témoins silencieux du changement climatique et de l’abandon humain.

  • Des images saisissantes révèlent des ours polaires explorant et habitant une station météo soviétique abandonnée sur l’île Kolyuchin.
  • Cette scène met en lumière la remarquable adaptabilité de ces prédateurs, désormais confrontés à la perte de leur habitat naturel.
  • La présence des ours dans ces ruines est une conséquence directe du réchauffement climatique et de la fonte accélérée des glaces marines.

Dans les paysages glacés de la mer de Tchoukotka, au nord-est de la Russie, un groupe d’ours polaires a trouvé un nouveau lieu de prédilection : les vestiges d’une station météorologique soviétique désaffectée depuis plus de trente ans sur l’île Kolyuchin. Des images capturées par drone montrent ces majestueux animaux déambulant parmi des bâtiments en ruine, jetant un regard curieux à travers des fenêtres brisées et se reposant dans des pièces où officiaient autrefois des scientifiques. Ces scènes, à la fois bouleversantes et symboliques, illustrent non seulement la formidable capacité d’adaptation des ours polaires, mais aussi les conséquences de l’abandon humain et du changement climatique dans une région de plus en plus vulnérable.

Le photographe russe Vadim Makhorov est à l’origine de cette découverte insolite. En survolant l’île avec son drone, il a été frappé par la scène. « Les ours polaires sont des prédateurs extrêmement dangereux, mais pourquoi ont-ils cette apparence adorable et sympathique sur les photos ? », s’interrogeait-il dans un post sur Facebook, accompagnant ses réflexions de plusieurs clichés saisissants. Il souligne par ailleurs que les ours semblent apprécier ces structures : « Je pense qu’ils les voient comme un abri contre le vent, la pluie et le reste. En général, ils s’y sentent bien », confie-t-il à Reuters. Le complexe, transformé en une sorte de « village blanc », est aujourd’hui peuplé par ces grands carnivores arctiques, remplaçant les anciens occupants humains. « Non loin des maisons, il y a une ferme de morses, et une vingtaine d’ours (sinon plus) circulent activement sur l’île. Quel quartier intéressant ! », s’enthousiasme le photographe.

Vadim Makhorov précise que ce phénomène n’est pas isolé. « Toute base polaire dont la porte est ouverte risque d’accueillir de nouveaux habitants à fourrure », avertit-il. Il cite l’exemple de la baie du Pacifique, où la première station polaire soviétique est conservée et abrite également de nombreuses habitations investies par des ours. Pour assurer la sécurité des résidents actuels, des mesures spécifiques sont mises en place : « Ils placent des barreaux à pointes aux fenêtres et installent des ‘chaussons d’ours’ (des planches avec des clous) devant les portes. Bien sûr, les ours ne marchent pas sur les clous, ils ne se blessent pas. Ils voient ces dispositifs et ne s’approchent tout simplement pas des entrées », explique le photographe.

De la station scientifique au sanctuaire involontaire

L’île Kolyuchin, située à l’extrême est de la Russie, fut un site stratégique pour la recherche soviétique. En 1934, l’Union soviétique y a établi une station polaire afin de soutenir le développement de la Route maritime du Nord, une voie de navigation essentielle reliant l’océan Arctique au Pacifique. Pendant des décennies, cette installation a joué un rôle crucial dans l’étude du climat, des écosystèmes et de la biologie marine de l’Arctique.

Cependant, après l’effondrement de l’Union soviétique en 1991, la station a été abandonnée l’année suivante. Avec le temps, les bâtiments se sont vidés et l’île, désormais dépourvue de toute présence humaine permanente, s’est transformée en un refuge pour la faune. Les ours polaires, en quête de lieux de repos ou de chasse, ont commencé à utiliser ces ruines comme abris temporaires lors de leurs déplacements sur la banquise de la mer des Tchouktches. Leur présence n’est pas fortuite : la région abrite l’une des populations d’ours polaires les plus importantes de la planète, bien que leur survie soit de plus en plus menacée.

Le changement climatique : la véritable menace

La diminution de la glace de mer dans l’Arctique, conséquence directe du réchauffement climatique, représente le danger le plus pressant pour l’espèce. À mesure que la glace recule, les ours perdent leurs terrains de chasse habituels, les contraignant à passer plus de temps sur terre et à s’approcher des zones habitées, ou comme à Kolyuchin, des structures abandonnées leur offrant un abri.

Une étude publiée en 2016 estimait la probabilité d’une réduction de plus de 30 % de la population mondiale d’ours polaires au cours des trois prochaines générations (35 à 41 ans) à 71 %. Le risque de pertes encore plus importantes, de 50 % ou plus, est jugé faible, mais non négligeable, en fonction de l’évolution des politiques climatiques et de conservation.

C’est dans ce contexte que le Groupe de spécialistes de l’ours polaire (GEP) s’attache à coordonner et diffuser les informations scientifiques pour assurer la viabilité à long terme des populations d’ours polaires et de leurs habitats. Mandaté par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), il réunit des scientifiques collaborant avec les cinq États de l’aire de répartition de l’ours polaire : le Canada, le Groenland, la Norvège, la Russie et les États-Unis.

« Le travail du groupe est aussi important aujourd’hui qu’il l’était dans les années 1960, lorsque le GEP a été fondé. La recherche scientifique, l’amélioration de la gestion des prélèvements et l’Accord de conservation de l’ours polaire de 1973 ont permis de remédier à certaines menaces, mais le principal défi du 21ème siècle reste la fonte des glaces marines. »

Groupe de spécialistes de l’ours polaire (GEP)

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