Publié le 2025-11-01 12:25:00. Alors que les prédictions alarmistes accompagnaient l’ascension politique de Donald Trump, un an après sa victoire, il apparaît que sa gestion de la politique étrangère a non seulement évité plusieurs scénarios catastrophe, mais a également produit des succès tangibles, notamment sur le front de l’Ukraine et du renforcement de l’OTAN.
- L’incertitude calculée comme outil diplomatique.
- Une pression accrue sur la Russie et une Europe plus engagée dans sa défense.
- Un recentrage des responsabilités financières sur les alliés européens.
Il y a un an, Donald Trump, alors fraîchement réélu président des États-Unis, promettait un nouvel « âge d’or » pour l’Amérique. Dans le même temps, un sentiment d’appréhension dominait quant à l’avenir du monde, particulièrement pour les alliés européens des États-Unis. La rhétorique de campagne de l’ancien président avait semé le doute quant à ses engagements, notamment envers les membres de l’OTAN qui ne répondraient pas à ses exigences en matière de dépenses militaires. Il avait laissé entendre qu’il pourrait non seulement se désengager de ses obligations de protection, mais aussi encourager des actions agressives, y compris de la part de la Russie.
Les spéculations allaient bon train : une possible alliance avec le Kremlin pour imposer une capitulation à l’Ukraine, ou encore une escalade des tensions avec la Chine par le biais de droits de douane punitifs. Pourtant, après douze mois marqués par une communication souvent tonitruante, les pires scénarios ne se sont pas concrétisés. Donald Trump, par une stratégie mêlant l’imprévisibilité à des actions concrètes, a démontré une capacité à obtenir des résultats significatifs sur la scène internationale.
Une stratégie d’incertitude au service de la diplomatie
La politique étrangère de Donald Trump repose en grande partie sur une incertitude radicale. En maintenant ses interlocuteurs, amis comme adversaires, dans une constante interrogation quant à la nature de ses intentions – rhétorique ou réelle décision –, il cherche à les amener à se plier à sa volonté. Cette approche a particulièrement été ressentie par le président ukrainien Volodymyr Zelensky, qui a dû faire face à des moments de tension avec l’administration américaine, notamment lorsque l’aide militaire et le partage de renseignements ont été temporairement suspendus. L’objectif semblait alors clair : faire pression sur Zelensky pour qu’il cède face à Poutine.
Cependant, la situation a évolué. En septembre, Donald Trump a affirmé que l’Ukraine pourrait non seulement repousser l’invasion russe, mais aussi reconquérir l’intégralité de son territoire. Pour Vladimir Poutine, qui aurait pu croire être à l’abri de cette stratégie d’incertitude, les récents développements ont constitué une surprise. Le 22 octobre, Donald Trump a annulé un sommet prévu avec le dirigeant russe et a mis en place des sanctions visant à réduire les revenus pétroliers de la Russie, paralysant ainsi de grandes compagnies comme Rosneft et Lukoil.
Malgré les retournements apparents, la politique de Trump envers l’Ukraine semble se dessiner autour de quelques axes : l’Amérique ne permettra pas une victoire russe, mais ne s’engagera pas non plus dans de nouveaux programmes d’aide massifs. L’essentiel du soutien financier devrait provenir de l’Europe, tandis que les États-Unis vendraient des armes à Kyiv à des conditions commerciales. De manière notable, les dernières sanctions démontrent une volonté d’exercer une pression économique sur la Russie supérieure à celle appliquée par l’administration Biden.
« Trump a compris qu’il ne pouvait pas permettre à l’Ukraine de perdre, surtout s’il devait en porter la responsabilité. Il fait tout pour exercer une pression maximale sur les Européens afin qu’ils comblent les déficits financiers. »
Jeremy Hunt, ancien ministre britannique des Affaires étrangères
Étant donné la taille de l’Ukraine en tant que pays européen, il est logique que les gouvernements du continent assument une part prépondérante du soutien à Kyiv. Il est donc peu probable que Donald Trump se désintéresse de la crise ukrainienne ou d’autres défis internationaux à court terme.
L’Europe face à ses responsabilités
Au cours des douze derniers mois, Donald Trump aurait même contribué à renforcer l’OTAN en incitant les alliés européens à augmenter leurs dépenses de défense. Il a également affecté les revenus de la Russie d’une manière inédite en imposant des sanctions à ses deux plus grandes compagnies pétrolières. Pour saisir l’ampleur de cette transformation au sein de l’OTAN, il suffit de rappeler qu’en 2014, lors de la première invasion de l’Ukraine par la Russie, seuls deux pays européens atteignaient l’objectif de dépenser plus de 2 % de leur PIB pour la défense. En 2022, malgré l’offensive à grande échelle de Poutine, ce seuil n’était atteint que par six États européens.
Cette année, l’ensemble des 32 membres de l’OTAN devraient atteindre cet objectif, et cinq pays européens – la Pologne, l’Estonie, la Lettonie, la Lituanie et la Norvège – dépasseront même les États-Unis en termes de dépenses de défense rapportées au PIB. L’article souligne que l’agression de Poutine seule n’aurait peut-être pas suffi à relancer les dépenses de défense européennes ; les menaces de Trump de quitter l’alliance ont également joué un rôle crucial.
Lors du sommet de l’OTAN en juin, Donald Trump a réussi à convaincre ses alliés d’augmenter leurs dépenses de défense pour atteindre 3,5 % du PIB, auxquels s’ajoutent 1,5 % pour les infrastructures de sécurité nationale. En contrepartie, il a réaffirmé l’engagement indéfectible envers la défense collective, tel qu’énoncé dans l’article 5 du traité de l’Atlantique Nord. Vladimir Poutine fait donc face à une Europe qui se réarme à une vitesse inattendue, tandis que Donald Trump a réitéré publiquement l’engagement américain à défendre ses alliés. Sur le papier, cette situation devrait contribuer à la sécurité du continent.
Autres nouvelles marquantes sur la politique de Trump
Dans un autre développement, Donald Trump a récemment refusé la demande du Premier ministre hongrois Viktor Orbán concernant la réception de pétrole russe sous sanctions, confirmant ainsi sa position ferme sur la question. Par ailleurs, les propositions de Trump concernant le Groenland semblent avoir porté leurs fruits, le Danemark ayant entrepris des démarches concrètes pour renforcer la protection de l’île.