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La proportion d’acheteurs immobiliers de Chine continentale a été exagérée | am730

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Publié le 13 février 2026 à 04h00. Les chiffres officiels concernant l’achat de logements à Hong Kong par des acheteurs continentaux sont susceptibles d’être gonflés en raison d’une méthode d’identification imprécise, remettant en question la perception de l’influence du marché chinois sur le secteur immobilier local.

  • En janvier, 7 622 transactions immobilières ont été enregistrées à Hong Kong, pour une valeur totale de 57,156 milliards de dollars de Hong Kong.
  • 1 236 acheteurs du continent ont acquis des propriétés résidentielles, un chiffre en légère baisse mensuelle mais supérieur à la moyenne annuelle.
  • La méthode d’identification des acheteurs continentaux, basée sur la transcription pinyin de leurs noms, est jugée peu fiable et pourrait inclure à tort des Hongkongais.

Selon les données du registre foncier, 7 622 transactions immobilières ont été enregistrées à Hong Kong en janvier, représentant une valeur totale de 57,156 milliards de dollars de Hong Kong. Les agents immobiliers ont rapporté que 1 236 acheteurs originaires de Chine continentale ont réalisé des acquisitions de logements neufs et d’occasion au cours du même mois. Bien que ce chiffre représente une diminution de 10 % par rapport aux 1 514 transactions enregistrées en décembre dernier, il demeure supérieur de 6,6 % à la moyenne mensuelle de 1 159 transactions observée l’année précédente. Il s’agit du onzième mois consécutif où le nombre de transactions dépasse les 1 000.

Cependant, cette statistique, qui pourrait laisser penser à une forte présence d’acheteurs continentaux, est remise en question. La méthode utilisée par les agents immobiliers pour identifier ces acheteurs est jugée peu rigoureuse. En effet, l’identification repose uniquement sur la transcription pinyin du nom de l’acheteur tel qu’il figure au registre foncier. Par exemple, une personne de nom Huang dont le nom de famille en anglais est Wong est considérée comme Hongkongaise, tandis qu’une personne portant le même nom de famille mais transcrit en Wang est classée comme originaire du continent. En d’autres termes, toute personne utilisant la transcription pinyin mandarin est automatiquement considérée comme un acheteur continental.

Cette approche, jugée trop simpliste, risque d’inclure à tort des Hongkongais qui ne sont pas d’origine cantonaise. « Je connais des amis nés à Hong Kong qui, en raison de traditions familiales ou de leur lieu d’origine, ont choisi d’utiliser la transcription pinyin mandarin pour leur nom, » explique un observateur du marché. « Bien qu’ils soient Hongkongais à part entière, ils sont comptabilisés comme des acheteurs continentaux dans ces statistiques. »

De plus, certains Hongkongais, bien qu’ayant immigré depuis le continent, ont obtenu la carte d’identité de Hong Kong avec le statut de résident permanent (trois étoiles). Ils sont donc légalement des Hongkongais et ne devraient pas être inclus dans les statistiques des acheteurs continentaux, même s’ils n’ont pas modifié la transcription pinyin de leur nom sur leur carte d’identité. « Je vis à Hong Kong depuis plus de 70 ans et j’utilise toujours le nom de famille anglais de mon père, qui est proche de la transcription pinyin mandarin. Dans de telles statistiques, je serais probablement considéré comme un habitant du continent, » témoigne un résident de longue date.

En conséquence, il est probable que les statistiques actuelles surestiment la proportion d’acheteurs continentaux sur le marché immobilier hongkongais. La réalité est que les acheteurs continentaux se concentrent principalement sur les biens neufs et les propriétés de luxe, tandis que le marché de l’occasion reste dominé par les Hongkongais.

Hong Kong est une ville construite sur l’immigration, et la plupart de ses habitants sont originaires d’ailleurs. Il est donc essentiel de favoriser la collaboration et l’inclusion, plutôt que de se focaliser sur les origines. Certains Hongkongais continuent de considérer les continentaux comme des étrangers, une attitude qui pourrait nuire à la compétitivité de la ville. Aucune métropole internationale ne peut prospérer en se reposant uniquement sur ses talents locaux, comme le démontrent les exemples de New York et de Londres.

L’expérience américaine, notamment après l’arrivée de Donald Trump au pouvoir et sa politique « America First » (en réalité, « Blancs d’abord »), illustre les dangers d’une telle approche. Cette politique a exacerbé les tensions ethniques, créé des divisions internes profondes et plongé les États-Unis dans une situation instable. Hong Kong doit tirer les leçons de cette expérience et éviter de suivre cette voie.

Pour obtenir une image plus précise de la situation du marché, les agents immobiliers devraient collecter des données plus fiables sur l’origine et la composition des acheteurs. Le public est également en droit de connaître ces informations, mais il est impératif que les statistiques soient rigoureuses et basées sur des faits vérifiables. Une plus grande transparence du marché permettrait aux acheteurs de prendre des décisions éclairées et éviterait les malentendus au sein de la population locale, qui pourrait craindre que le marché immobilier hongkongais ne soit artificiellement soutenu par des capitaux extérieurs.

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