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La protection du climat est hors de question sans la Chine – DW – 20 octobre 2025

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Publié le 2025-10-20 16:45:00. Alors que la protection du climat est un enjeu planétaire, les médias allemands soulignent la double nature de la Chine : un émetteur majeur de gaz à effet de serre mais aussi un leader incontournable dans les technologies vertes. Une coopération européenne avec Pékin est jugée indispensable pour atteindre les objectifs mondiaux.

  • La Chine est le premier émetteur mondial de CO2, mais aussi le moteur du développement des énergies renouvelables et des véhicules électriques.
  • L’Union européenne doit composer avec cette réalité pour définir sa politique climatique, sous peine de voir ses propres efforts rendus caducs.
  • Une approche pragmatique de la part de l’UE, reconnaissant le leadership technologique chinois, est préconisée pour accélérer la transition énergétique.

Dans le débat sur le changement climatique, la Chine se retrouve au cœur de discours contradictoires. D’un côté, elle est pointée du doigt comme le plus grand émetteur mondial de gaz à effet de serre, continuant la construction de centrales à charbon. De l’autre, elle est saluée pour son rôle de pionnier dans la recherche et le développement des technologies d’énergies vertes, rendant la décarbonation plus accessible à l’échelle planétaire.

« Les deux affirmations sont fondées », tranche le Tagesspiegel dans une analyse parue sur le site chinois de Deutsche Welle. Les faits sont là : en 2022, la Chine a émis 15,7 milliards de tonnes de dioxyde de carbone, loin devant les États-Unis (6 milliards de tonnes) et l’Union européenne (3,6 milliards de tonnes). Même en proportion de sa population, les émissions par habitant de la Chine (11 tonnes) dépassent celles de l’UE (8,1 tonnes) et du Royaume-Uni (6,3 tonnes). Or, l’UE et le Royaume-Uni visent une réduction à moins de deux tonnes par habitant d’ici 2040.

Si la Chine s’est engagée à atteindre un pic de ses émissions d’ici 2030 et la neutralité carbone d’ici 2060, les projections actuelles indiquent que ses émissions cumulées atteindraient 250 milliards de tonnes à cette échéance. En comparaison, le Royaume-Uni et l’UE cumuleraient respectivement 4,5 milliards et 45 milliards de tonnes. Ce chiffre chinois représenterait une part prépondérante du « budget carbone » mondial restant, indispensable pour respecter l’Accord de Paris et limiter le réchauffement bien en dessous de 2°C d’ici la fin du siècle. L’orientation des températures mondiales avant 2100 dépendra donc largement des politiques de réduction d’émissions de la Chine.

Le système énergétique chinois, encore largement dépendant du charbon, est responsable de 5,9 milliards de tonnes d’émissions annuelles. Pékin prévoit d’ailleurs la construction de 280 gigawatts de nouvelles centrales thermiques d’ici 2029. Par ailleurs, les industries chinoises de l’acier et du ciment, bien qu’en ralentissement avec le frein sur l’activité infrastructurelle, représentent à elles seules plus de 50 % des émissions mondiales de CO2 dans ces secteurs.

La Chine, un leader technologique au service de la transition énergétique

Dans le même temps, la Chine s’est imposée comme un leader mondial dans cinq domaines technologiques cruciaux pour la transition énergétique : le solaire, l’éolien, les batteries, les véhicules électriques et les pompes à chaleur. Ces technologies ont le potentiel de remplacer une part significative des énergies fossiles à l’échelle globale. En témoigne le marché chinois des véhicules électriques, où ils représentent plus de 50 % des ventes, contre seulement 23 % dans l’UE.

Le Tagesspiegel souligne que ce développement rapide aurait pu constituer une formidable impulsion pour la transition énergétique mondiale. Cependant, les tensions géopolitiques et les conflits commerciaux croissants entre la Chine et les États-Unis ont quelque peu atténué cet effet positif. Dans ce contexte, une coopération de l’UE avec la Chine dans la lutte contre le changement climatique s’avère impérative.

« La Chine est devenue un leader technologique dans les nouveaux domaines énergétiques tels que l’énergie solaire et les véhicules électriques. »Crédit image : PEDRO PARDO/AFP via Getty Images

Face à cette situation, trois axes prioritaires de collaboration émergent pour l’UE et la Chine. Premièrement, la Chine devrait adopter des objectifs de réduction des émissions plus ambitieux. Cela permettrait de contrer les arguments des forces populistes européennes qui jugent la protection du climat trop coûteuse. En retour, l’Europe devrait renforcer ses propres efforts pour honorer ses engagements de long terme.

Deuxièmement, la Chine est appelée à accélérer la décarbonation de ses industries lourdes, comme la sidérurgie, le ciment et la chimie. Une augmentation des prix du carbone dans ces secteurs, idéalement alignée sur les normes européennes, serait une mesure significative. Troisièmement, l’Europe doit adopter une approche pragmatique, reconnaissant le leadership chinois dans les technologies vertes tout en considérant les enjeux de compétitivité et de sécurité. La Commission européenne pourrait, par exemple, autoriser l’importation de produits chinois à faible risque comme les modules photovoltaïques et encourager les investissements et la coopération dans des secteurs d’avenir tels que les batteries et les véhicules électriques.

Le leadership technologique de la Chine dans les énergies vertes représente une opportunité historique pour le monde. L’Europe, en coopérant avec Pékin, peut saisir cette chance.

« Un partenariat avec la Chine et la Russie n’est qu’un fantasme extrêmement dangereux »

Dans un autre registre, le Neue Zürcher Zeitung s’intéresse à la stratégie de Donald Trump vis-à-vis de la Chine, critiquant un approche jugée déconnectée de la réalité.

Neue Zürcher Zeitung : La stratégie chinoise de Trump est irréaliste.Source de l’image : IMAGO/MediaPunch

« Sur les questions stratégiques avec la Chine, Trump a révélé un sentiment évident d’impuissance », constate le journal suisse. Donald Trump pensait initialement pouvoir contraindre Pékin à signer des accords favorables aux États-Unis grâce à des droits de douane élevés. Or, cette vision s’est avérée erronée. Xi Jinping n’est ni un « ami » ni un dirigeant disposé à céder sous la pression américaine. La Chine, forte de sa puissance perçue comme égale, voire supérieure, à celle des États-Unis, répond aux mesures américaines par des contre-attaques géoéconomiques.

La politique étrangère actuelle de Trump oscille entre les alliances qu’il cherche à forger et la rhétorique traditionnelle du Parti républicain axée sur la force. Il propose des accords à des adversaires comme la Russie, la Chine et l’Iran, mesurant le succès à sa capacité à créer une atmosphère d’harmonie. Cependant, la réalité le contraint à se rapprocher des positions plus fermes du Congrès et de son entourage. Des figures comme le secrétaire d’État Antony Blinken et le secrétaire au Trésor Janet Yellen considèrent la Chine et la Russie comme des adversaires à contenir, car elles cherchent à instaurer un ordre international alternatif et n’hésitent pas à sacrifier les intérêts américains et alliés pour y parvenir. Pour eux, un partenariat avec ces deux puissances relève d’un « fantasme extrêmement dangereux ».

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