Publié le 2025-10-16 19:41:00. Un vaste programme de recherche, baptisé WaldFit, explore de nouvelles pistes pour adapter nos forêts aux défis climatiques. Des expérimentations sur des essences exotiques à l’efficacité des compléments de plantation, les résultats préliminaires apportent un éclairage nouveau sur la résilience de nos massifs forestiers.
- L’étude de l’adaptation des espèces exotiques révèle un déplacement vers des altitudes plus élevées et une croissance prometteuse dans certaines conditions.
- Les tests d’hydrogels et d’engrais pour la plantation se montrent décevants dans la plupart des cas, sauf pour le chêne.
- Des avancées significatives sont réalisées dans la prévision de la production de semences forestières de qualité pour le renouvellement des forêts.
Le projet WaldFit, sous la houlette de Marcela van Loo du BFW (Office fédéral de recherche sur les forêts), se décline en sept sous-projets ambitieux. Ces travaux visent à tester de nouvelles zones d’introduction pour des essences comme l’épicéa, l’érable et le douglas, à évaluer la qualité et la diversité génétique du douglas, à documenter l’historique des plantations d’espèces non indigènes, et à étudier la tolérance à la sécheresse de l’épicéa, notamment par l’usage d’hydrogels et d’engrais lors de la plantation.
Les essences exotiques sous la loupe
L’un des volets, piloté par Julia Knonic (BFW) et intitulé ExoticData, met en évidence un déplacement du centre de gravité de la répartition de la douglasia et du sapin de Vancouver vers les altitudes supérieures (entre 850 et 1300 mètres) avec le changement climatique. Sur ces nouvelles stations, les deux espèces affichent déjà des peuplements remarquables et une vigueur supérieure à celle de l’épicéa, avec peu de régénération naturelle, sauf au stade de plantule. La pin jaune, quant à lui, domine les parcelles d’étude sur les sols secs, présentant des accroissements individuels plus importants que les pins sylvestres et noirs indigènes, sans régénération observée. Le sapin grec, malgré la concurrence et l’absence de soins, démontre une croissance satisfaisante et la meilleure capacité de régénération parmi les espèces étudiées, bien que peu de jeunes plants atteignent deux mètres de hauteur.
Hydrogels et engrais : des résultats contrastés
Alors que les hydrogels et les engrais s’étaient révélés prometteurs en serre comme amendements de sol pour la plantation, leur application sur le terrain par Marie Lambropoulos (Boku, Institut d’écologie forestière) a produit des résultats plus mitigés. Les expérimentations menées sur des sites de reboisement ont montré que la majorité de ces traitements n’amélioraient pas le taux de survie, voire l’augmentaient, particulièrement pour le mélèze, le pin et le douglas. Seul le chêne a bénéficié d’une meilleure survie avec la plupart des traitements. Marie Lambropoulos n’a toutefois pas souhaité « diaboliser » ces produits et des recommandations pour une meilleure incorporation sont en cours d’élaboration.
Des semences de qualité pour les générations futures
La nécessaire mutation des forêts face au changement climatique accroît la demande en semences forestières, alors même que leur qualité semble diminuer et que les quantités disponibles font parfois défaut. Le projet Forsee, mené à l’Institut d’écologie forestière de Boku, s’est penché sur cette problématique et a identifié des pistes de solution encourageantes.
Il est désormais possible de réaliser des prévisions localisées de la production de semences d’arbres, avec un horizon d’environ un an. Iris Oberklammer a présenté les modèles statistiques associés. Le Professeur Georg Gratzer, qui co-dirige le projet Forseet avec le Professeur Mario Pesendorfer, s’est montré enthousiaste : « Nous pensons qu’il y a un grand potentiel, c’est un résultat qui nous réjouit beaucoup ». D’autres conclusions importantes du projet soulignent que les peuplements plus âgés (plus de 150 ans) et les populations plus vastes et moins isolées présentent des taux de germination plus élevés, signe d’une consanguinité moindre. Les vergers à graines, quant à eux, fournissent un matériel de meilleure qualité que les peuplements naturels.
Concernant le stockage des semences, des essais sont en cours au BFW. L’Autriche manque encore d’infrastructures adaptées. « Il n’est pas possible que nous devions nous rendre en Bavière pour stocker nos semences, pour découvrir ensuite que leurs capacités sont pleines et que nous n’avons plus de solution », regrette Georg Gratzer.
D’autres informations, y compris sur des projets connexes, seront prochainement publiées dans la BauernZeitung.