Home Économie La rentabilité de toutes les banques est en bleu, lesquelles sont en tête du classement ? | VOTRE ARGENT

La rentabilité de toutes les banques est en bleu, lesquelles sont en tête du classement ? | VOTRE ARGENT

0 comments 96 views

Publié le 2025-11-05 02:30:00. La rentabilité du secteur bancaire péruvien a atteint un sommet inédit en cinq ans au troisième trimestre, dépassant les 18% de rendement sur fonds propres. Cette performance témoigne d’une reprise robuste malgré un contexte économique et social chahuté.

  • Le rendement des fonds propres (ROE) des banques s’est établi à 18,7% fin septembre, son plus haut niveau depuis février 2020.
  • Toutes les banques enregistrent une rentabilité positive, une situation inédite depuis octobre 2019.
  • Les bénéfices nets cumulés ont progressé de 43% sur un an, bien qu’à un rythme ralenti par rapport au premier semestre.

Après une période tumultueuse marquée par la pandémie, les troubles sociaux, les aléas climatiques et une instabilité politique, le système financier péruvien démontre une résilience remarquable. La rentabilité moyenne des banques (ROE), calculée comme le bénéfice net rapporté aux fonds propres, a atteint 18,7% à la fin du troisième trimestre. Ce chiffre représente le niveau le plus élevé des cinq dernières années, selon les données de la Surintendance des Banques, Assurances et AFP (SBS). Il dépasse même le précédent pic de 18,31% enregistré en février 2020.

« Le système financier a traversé une succession de difficultés : une pandémie, des événements climatiques, des conflits sociaux, une récession et près d’un changement de président par an », rappelle Yang Chang, économiste à l’Université de Piura. Pourtant, malgré ces obstacles, le secteur a réussi à se redresser, à accroître ses bénéfices nets, à réduire les créances douteuses et à retrouver une rentabilité maximale.

Le dynamisme accru des entités financières au cours du premier semestre s’explique par plusieurs facteurs, selon Edmundo Lizarzaburu, professeur à l’Université d’Esan. Il souligne une « meilleure gestion des risques dans l’octroi de crédits » et une réduction des provisions. « Un coût du risque plus faible, grâce à une meilleure qualité du portefeuille (de prêts) et des radiations déjà effectuées, des coûts de financement inférieurs, une liquidité abondante et une efficacité opérationnelle soutenue par la numérisation ont permis aux banques d’améliorer leur rentabilité sur fonds propres », détaille-t-il.

Un autre signe encourageant est l’absence de banque affichant un ROE négatif, un scénario jamais vu depuis octobre 2019. Les difficultés passées ont pu pousser certaines entités à revoir leur stratégie de gestion.

Cependant, un certain ralentissement est perceptible au troisième trimestre. Les bénéfices nets ont atteint 10,674 millions de soles (environ 2,6 millions d’euros), soit une augmentation de 43% par rapport à la même période de l’année précédente. Bien que ce rythme d’expansion reste solide, il est inférieur à celui observé au premier semestre (60%).

Cette modération s’explique en partie par la prudence accrue dans l’octroi de crédits à l’approche de périodes électorales. « Les banques ont profité de la première partie de l’année pour accroître leurs prêts, mais elles vont maintenant se retirer quelque peu car elles ne savent pas comment les perspectives vont évoluer », explique Yang Chang. Edmundo Lizarzaburu confirme cette tendance, notant une « augmentation plus contrôlée des financements et une politique plus conservatrice au cours de la dernière partie de l’année ». L’impact de la baisse du taux d’intérêt directeur de la Banque centrale, désormais à 4,25%, contribue à une normalisation des marges financières.

Sur le front de la qualité du portefeuille, la situation s’améliore nettement. Les 19 banques opérant dans le pays ont vu leur taux de créances douteuses moyen diminuer, passant de 4,17% à 3,41% sur un an. Cette amélioration concerne également les deux nouvelles entités bancaires, dont les défauts sont inférieurs à ceux enregistrés précédemment dans d’autres segments financiers.

Selon Yang Chang, cette tendance positive devrait se poursuivre, bien qu’un certain ajustement soit possible vers la fin de l’année ou début 2026. « Le défaut prend environ trois mois pour être réglé, et c’est ce que nous observons au troisième trimestre », précise-t-il.

Le quatrième trimestre s’annonce globalement solide, malgré un contexte qui incite à la prudence. Les spécialistes anticipent une campagne de Noël meilleure que l’an dernier, tout en soulignant des variables susceptibles d’influencer cette performance. La proximité des élections, par exemple, incite les banques à adopter une posture moins agressive dans l’octroi de crédits à la consommation, de cartes de crédit ou de prêts aux petites et moyennes entreprises (PME). Les banques devraient continuer à affiner l’allocation de leurs provisions et à privilégier la qualité de leur portefeuille.

Cependant, Yang Chang met en garde contre la montée de la criminalité dans le pays, qui pourrait compromettre le déploiement attendu du crédit pour la fin de l’année 2025. Une récente enquête de la Banque Centrale de Réserve (BCR) confirme cette tendance, indiquant que les banques durciront les conditions d’octroi de crédits à la consommation et de cartes de crédit au cours de ce quatrième trimestre.

Leave a Comment

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.