Publié le 2025-10-08 19:17:00. Le leader du parti populiste ANO, Andrej Babiš, arrivé en tête des élections législatives tchèques, a annoncé que son éventuelle participation au gouvernement tchèque impliquerait une modification du financement de l’aide militaire à l’Ukraine. Désormais, Prague privilégierait le canal de l’Union européenne pour soutenir Kyiv, tout en promettant de ne pas freiner les exportations d’armes par les entreprises tchèques.
- Andrej Babiš exclut le financement direct par le budget de l’État tchèque pour l’achat d’armes destinées à l’Ukraine.
- L’aide tchèque à Kyiv se ferait désormais exclusivement via l’Union européenne.
- Le mouvement ANO souhaite réévaluer l’initiative tchèque sur les munitions pour en assurer la transparence.
Lors d’une conférence de presse, Andrej Babiš a précisé la position de son parti, ANO, en vue d’une potentielle entrée au gouvernement tchèque. Il a déclaré : « Si nous sommes au gouvernement et que les entreprises d’armement tchèques veulent exporter des armes vers l’Ukraine, cela ne nous posera aucun problème. Mais nous ne fournirons pas à l’Ukraine des armes ou la couronne directement sur le budget. Nous n’avons même pas d’argent pour la République tchèque. Nous avons aidé l’Ukraine directement, et maintenant nous allons l’aider par l’intermédiaire de l’Union européenne. »
Cette prise de position suscite des parallèles avec les déclarations du Premier ministre slovaque, Robert Fico, revenu au pouvoir fin 2024, qui avait promis de ne pas accorder « une seule balle » à l’Ukraine. Les commentateurs politiques tchèques ont relevé cette similitude de discours.
Concernant l’initiative tchèque en matière de munitions, Andrej Babiš a affirmé qu’il s’agissait d’une bonne chose, bien qu’il ait précédemment plaidé pour sa suppression. Il a toutefois insisté sur la nécessité d’une approche transparente, coordonnée directement par les États membres de l’OTAN. Les responsables du mouvement ANO ont tenu à clarifier qu’il ne s’agissait pas d’un abandon de l’initiative, mais d’une volonté de la « vérifier ».
Cette initiative s’est révélée significative : en 2024, elle a permis à l’Ukraine de recevoir 1,5 million d’obus d’artillerie. Cette année, 1,1 million d’obus de calibre 155 mm ont déjà été acheminés vers Kyiv.