La Russie et l’Iran sont contraints d’offrir des rabais croissants sur leur pétrole pour attirer les acheteurs chinois, alors que les sanctions internationales limitent leurs débouchés et entraînent une accumulation de stocks en mer. La Chine est devenue le principal, voire le seul, marché sûr pour le pétrole russe, après le retrait de l’Inde.
Les réductions accordées aux acheteurs chinois se sont intensifiées ces dernières semaines. Le brut Oural, de qualité phare russe, est actuellement proposé à environ 12 dollars (environ 10,60 euros) le baril en dessous des prix de référence de l’ICE, contre une remise de 10 dollars le baril en janvier, selon des négociants anonymes. L’Iran propose quant à lui son brut Iranian Light à 11 dollars le baril en dessous du Brent, contre une décote de 8 à 9 dollars le baril en décembre.
Cette situation est due à la concurrence accrue entre la Russie et l’Iran pour séduire les raffineurs privés chinois, les grandes entreprises publiques chinoises évitant généralement le pétrole iranien et ayant réduit leurs achats de brut russe. L’Inde, auparavant un acheteur important de pétrole russe, s’est également retirée du marché au comptant.
Jusqu’au 18 février, les livraisons de pétrole russe vers la Chine ont atteint une moyenne record de 2,09 millions de barils par jour, contre 1,72 million de barils par jour en janvier. En revanche, les ventes iraniennes à la Chine ont diminué de 12 % jusqu’en 2026 par rapport à l’année précédente, selon les données de Kpler.
La difficulté croissante à écouler leur pétrole a conduit à une accumulation massive de stocks flottants, stockés sur des pétroliers en mer. Les raffineurs indépendants chinois, appelés « théières », restent les seuls acheteurs à ne pas bouder les approvisionnements sanctionnés.