Publié le 11 février 2026 à 14h07. L’application de messagerie Telegram a écopé d’une amende de plus de 112 000 euros en Russie pour non-suppression de contenus jugés « extrémistes », une nouvelle escalade dans la répression du gouvernement russe contre les plateformes numériques.
- Telegram a été condamnée à une amende de près de 11 millions de roubles (environ 112 000 euros) par un tribunal russe.
- Roskomnadzor, l’organisme de régulation des médias russe, a annoncé la restriction de l’application en raison de son refus de supprimer certains contenus.
- De nombreux utilisateurs russes signalent des perturbations dans l’application, notamment des difficultés à charger des images ou à envoyer des messages.
Un tribunal russe a infligé une amende de près de 11 millions de roubles (environ 112 000 euros) à l’application de messagerie populaire Telegram, accusée de ne pas supprimer des contenus considérés comme « extrémistes » sur le territoire russe. Cette décision intervient un jour après l’annonce de Roskomnadzor, l’agence russe de surveillance d’Internet, de restrictions à l’encontre de l’application, estimant qu’elle ne respectait pas la législation russe.
Ces derniers mois, Telegram a déjà reçu plusieurs amendes, mais la situation s’est aggravée cette semaine avec des signalements massifs de dysfonctionnements par les utilisateurs. Ces derniers ont notamment rapporté des difficultés à charger des images, des vidéos, ou à envoyer et recevoir des messages.
La Russie a multiplié les blocages de réseaux sociaux ces dernières années, notamment YouTube, Instagram et WhatsApp. En conséquence, de nombreux citoyens russes recourent désormais à des réseaux privés virtuels (VPN) pour contourner ces restrictions et continuer à accéder à ces plateformes.
Contrairement à d’autres applications, Telegram a été initialement fondée par des entrepreneurs russes, mais ses fondateurs sont désormais basés à l’étranger. Pavel Durov, le fondateur de Telegram, accuse le gouvernement russe de vouloir forcer les citoyens à utiliser une alternative nationale, Max, une application entièrement contrôlée par l’État.
Il ne s’agit pas de la première tentative de la Russie de restreindre Telegram. Une tentative antérieure en 2018 avait provoqué une perturbation quasi-totale de l’accès à Internet dans le pays. Telegram avait alors réussi à basculer vers un autre serveur pour contourner le blocage.
L’application était restée opérationnelle, mais de nombreux sites web russes avaient été bloqués en raison de la tentative de Roskomnadzor de désactiver toutes les adresses IP des serveurs de Telegram.
Blogueurs militaires
Des blogueurs militaires pro-Kremlin ont également exprimé leur inquiétude face aux restrictions imposées à Telegram, se demandant quelles en seraient les conséquences sur la communication entre les soldats sur le front. Certains ont également soulevé des problèmes liés à l’utilisation de Starlink.
Récemment, l’Ukraine a annoncé que SpaceX avait désactivé les terminaux Starlink utilisés par le personnel militaire russe. L’armée russe utilisait cet accès à Internet par satellite pour envoyer des drones en Ukraine et pour communiquer entre ses unités.
Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a déclaré aujourd’hui qu’il ne pouvait imaginer que l’armée russe utilise Telegram pour ses communications.