Publié le 6 février 2024 12:13:00. Un nouveau rapport du Centre d’études stratégiques et internationales (CSIS) dresse un portrait nuancé de la situation en Ukraine, remettant en question l’idée d’une Russie invincible et soulignant le coût humain et économique exorbitant de la guerre pour Moscou.
- Les pertes militaires russes pourraient atteindre 325 000 soldats, un chiffre sans précédent depuis la Seconde Guerre mondiale.
- Les avancées territoriales russes sont extrêmement lentes et coûteuses, illustrées par l’exemple de Pokrovsk où les troupes n’ont progressé que de 70 mètres par jour en moyenne.
- La Russie consacre désormais la moitié de son budget à la guerre, à la sécurité et au remboursement de sa dette, ce qui freine son développement économique.
Loin de l’image d’une machine de guerre implacable, la Russie montre des signes de faiblesse dans son conflit en Ukraine, selon une analyse récente du Wall Street Journal, basée sur un rapport du Centre d’études stratégiques et internationales (CSIS). Le coût humain de la guerre pour la Russie est qualifié d’« étonnant » par le rapport, avec des estimations de pertes militaires qui dépassent de loin celles de tous les conflits soviétiques et russes combinés depuis 1945.
Le rapport du CSIS estime que les forces russes pourraient avoir subi jusqu’à 325 000 pertes humaines. Ce bilan, s’il est confirmé, représente plus de cinq fois le nombre total de morts et de blessés dans tous les conflits impliquant l’Union soviétique et la Russie depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Cette hécatombe remet en question la stratégie russe consistant à submerger l’Ukraine par le nombre, une tactique souvent décrite comme un « hachoir à viande humain ».
En réalité, les gains territoriaux russes sont bien moins impressionnants que les pertes subies. L’exemple de Pokrovsk est particulièrement révélateur : entre février 2024 et janvier de cette année, les troupes russes n’ont avancé en moyenne que de 70 mètres par jour dans cette ville. Une progression comparable à la distance entre deux rues transversales de Manhattan, soulignent les auteurs du rapport.
La situation économique de la Russie est également préoccupante. Le Kremlin est contraint de consacrer désormais la moitié de son budget national à l’armée, à l’appareil de sécurité et au service de la dette. Cette concentration des ressources au détriment d’autres secteurs de l’économie freine l’innovation et le développement à long terme. Le manque de dynamisme économique se traduit notamment par l’absence d’entreprises russes parmi les 100 premières entreprises technologiques mondiales en termes de valorisation.
Pour l’ancien président américain Donald Trump, cette situation représente une « ouverture stratégique » pour négocier une « paix honorable » en exerçant des pressions militaires et économiques sur la Russie. Selon cette perspective, Vladimir Poutine n’est pas l’adversaire invincible qu’il prétend être.
Cependant, le rapport du CSIS met en garde contre un accord de paix trop faible, qui permettrait au président russe de se « relever » et de se réarmer en vue d’une future confrontation avec l’OTAN.