Home International La Russie peut continuer à mener la guerre en Ukraine jusqu’en 2026, selon un groupe de réflexion militaire | Russie

La Russie peut continuer à mener la guerre en Ukraine jusqu’en 2026, selon un groupe de réflexion militaire | Russie

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Publié le 25 février 2026 à 02h40. Malgré les pressions économiques et les pertes sur le champ de bataille, la Russie maintient sa capacité offensive en Ukraine et renforce sa menace sur l’Europe, selon une analyse récente.

L’Institut international d’études stratégiques (IISS) estime que la Russie pourra poursuivre son invasion de l’Ukraine tout au long de l’année 2026, même face à des difficultés économiques et à des besoins croissants en personnel. Le Kremlin a consacré au moins 186 milliards de dollars (138 milliards de livres sterling) à la défense en 2025, soit une augmentation de 3 % en termes réels, représentant 7,3 % de son produit intérieur brut. Ce niveau de dépenses est plus de deux fois supérieur à celui des États-Unis et trois fois supérieur à celui du Royaume-Uni.

Selon Bastian Giegerich, directeur général de l’IISS, « il y a peu d’indications que la capacité de la Russie à poursuivre sa guerre contre l’Ukraine pour une cinquième année soit diminuée ». L’institut souligne que les dépenses militaires russes ont doublé en termes réels depuis 2021, permettant à Moscou d’intensifier ses attaques terrestres et aériennes.

L’IISS note également que la Russie utilise le conflit pour développer de nouvelles tactiques de combat, ainsi que des missiles et des drones d’attaque. Cela inclut une version modernisée du drone Shahed-136, capable d’atteindre des cibles jusqu’à 2 000 km à travers l’Europe, dans le cadre d’une modernisation militaire globale.

Cette situation souligne, selon Giegerich, la nécessité pour l’OTAN « d’augmenter ses investissements dans la défense antimissile et les systèmes anti-drones ». L’incident de septembre dernier, au cours duquel 21 drones russes ont pénétré l’espace aérien polonais, entraînant la fermeture de plusieurs aéroports et le confinement de populations, illustre cette urgence.

Les alliés européens de l’OTAN et le Canada se sont engagés l’été dernier à augmenter leurs budgets de défense à 3,5 % d’ici 2035, en réponse à la menace russe croissante et aux appels de l’administration Trump à une plus grande responsabilité européenne en matière de sécurité. Cependant, l’IISS avertit que cet objectif nécessitera des « investissements soutenus et importants », difficiles à atteindre pour de nombreux pays de l’Alliance.

L’IISS met également en garde contre la dépendance européenne à l’égard des États-Unis en matière de renseignement militaire, de cloud computing et de ressources spatiales, soulignant qu’il faudra « une bonne partie des années 2030 » pour réduire cette dépendance. L’amélioration de la défense aérienne est également identifiée comme une priorité.

Concernant les effectifs, Nigel Gould Davies, expert de la Russie au sein de l’IISS, observe « des signes de plus en plus nombreux indiquant que le taux de recrutement de la Russie a commencé à être inférieur à ses pertes mensuelles » sur le champ de bataille. Moscou compense en recrutant des individus de moins en moins qualifiés, notamment des personnes souffrant d’alcoolisme, de toxicomanie ou de problèmes de santé.

Les estimations des pertes russes varient. Des chiffres publiés par le ministère britannique de la Défense indiquent 35 030 victimes en décembre et 31 713 en janvier. Ces chiffres sont légèrement inférieurs aux estimations occidentales, qui évoquent « près de 40 000 par mois ».

Malgré les discussions occidentales sur un possible cessez-le-feu, la Russie intensifie ses attaques contre les infrastructures critiques et les centres de population ukrainiens, en utilisant une combinaison de missiles de croisière, de missiles balistiques et de drones.

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