Publié le 19 février 2026 à 09h41. Une audience parlementaire nord-irlandaise consacrée à la stratégie envers les victimes des Troubles a dégénéré en échanges acerbes, marqués par des accusations de misogynie et de propos blessants, nécessitant des excuses de la présidente de la commission.
- Andrée Murphy, directrice adjointe de l’ONG Relatives for Justice, a été au centre d’un interrogatoire tendu devant le Comité du Bureau exécutif.
- Des députés se sont accusés mutuellement de misogynie et de misandrie au cours de la séance.
- La présidente du comité, Paula Bradshaw, a présenté des excuses à Mme Murphy pour les attaques personnelles dont elle a fait l’objet.
La réunion, qui portait sur l’élaboration d’une stratégie pour les victimes et les survivants des Troubles, a pris une tournure inattendue lorsque le député du TUV, Timothy Gaston, a interrogé Andrée Murphy sur sa « définition d’un civil », en référence aux familles endeuillées. Mme Murphy a répondu qu’il était essentiel d’inclure toutes les personnes ayant subi un préjudice, soulignant que « chacun aura des opinions différentes sur un conflit contesté ». Elle a insisté sur la nécessité d’une approche inclusive pour permettre à la société d’aller de l’avant.
M. Gaston a répliqué en affirmant qu’il ne devait y avoir « aucune équivalence morale entre un faiseur de victimes et une victime innocente ». Mme Murphy a alors souligné que les « faiseurs de victimes » pouvaient se trouver à différents niveaux, y compris parmi les décideurs politiques ayant cautionné la collusion entre les forces de l’ordre et les groupes paramilitaires, ajoutant que ces derniers étaient parfois récompensés par des distinctions honorifiques.
Cette réponse a provoqué l’indignation de M. Gaston, qui l’a accusée de chercher à « se cacher derrière et à blanchir la campagne terroriste menée par l’IRA et d’autres groupes paramilitaires ». Le député du DUP, Phillip Brett, a ensuite lu une citation tirée d’un article écrit par Mme Murphy, dans lequel elle décrivait « les perturbateurs, les manifestants, ceux qui ont refusé d’être achetés », et a demandé si elle pensait que l’actuel commissaire aux victimes avait été corrompu.
Mme Murphy a jugé cette question « inappropriée », se disant simplement préoccupée par la nécessité de veiller à ce que tous les agents des commissions agissent conformément aux intérêts des victimes et des survivants. M. Brett a ensuite évoqué un autre article de Mme Murphy, qu’il a qualifié de « grossièrement inapproprié », dans lequel elle critiquait sévèrement le DUP et l’Ordre d’Orange, les accusant d’une « psychose locale unique d’être à la fois profondément insécurisés et incroyablement arrogants ».
M. Brett, membre du DUP et de l’Ordre d’Orange, a exprimé son indignation face à ces propos, affirmant qu’il n’avait aucun « trouble ». La députée du SDLP, Sinead McLaughlin, a alors présenté ses excuses à Mme Murphy, suivie par la présidente de la commission, Paula Bradshaw.
« Merci à tous. Je comprends que c’est très difficile, surtout chaque fois que vous êtes personnellement attaquée Andree, mais je pense que vos contributions d’aujourd’hui sont toutes très précieuses. »
Paula Bradshaw, députée de l’Alliance et présidente du comité
Le député du Sinn Féin, Caral Ni Chuilin, a dénoncé le traitement réservé à Mme Murphy, affirmant que les personnes témoignant devant le comité « ne peuvent pas être maltraitées ». Elle a reproché à M. Gaston d’être à l’origine de la situation, ce qui a provoqué une vive altercation avec ce dernier et M. Brett, qui ont tous deux nié toute misogynie. M. Gaston a même affirmé avoir lui-même été « victime du Premier ministre à plusieurs reprises ».
La situation a finalement nécessité une intervention de la présidente Bradshaw, qui a rappelé que l’objectif de la réunion était de se concentrer sur les besoins des victimes et des survivants des Troubles. Un article connexe relate l’appel d’une mère à un changement législatif suite à un cas de mauvais traitement envers son fils.