Publié le 14 octobre 2025. L’emblématique statue de Molly Malone, à Dublin, a retrouvé son éclat après des réparations rendues nécessaires par l’usure causée par l’affection persistante des touristes. Cette œuvre, symbole de la capitale irlandaise, a été récemment rénovée pour redorer son blason.
- La statue de Molly Malone a été temporairement fermée au public pour subir des travaux de restauration.
- La tradition de toucher la statue, censée porter chance, a entraîné une décoloration notable de son buste.
- La municipalité cherche désormais des solutions pour concilier accès public et préservation de l’œuvre.
La statue, installée en 1988 par Jeanne Rynhart, est une attraction incontournable pour les visiteurs de Dublin. La coutume, apparue vers 2012, consiste à toucher la poitrine de la « marchande de poisson » pour s’attirer bonne fortune. Ce geste, répété inlassablement par des milliers de mains, a eu pour conséquence de rendre le bronze particulièrement lisse et décoloré à cet endroit précis.
Face à cette usure prématurée, le conseil municipal de Dublin avait pris la décision de fermer temporairement le site. Des mesures expérimentales, comme la présence d’agents de sécurité pour dissuader les touchers, avaient été mises en place en mai dernier. Si ces dispositifs se sont avérés efficaces en présence des agents, la municipalité reconnaît que l’habitude est profondément ancrée chez les touristes, reprenant le dessus dès leur départ.
« Toucher des statues semble faire désormais partie de l’expérience touristique de cette ville », a confié un représentant du conseil municipal. La difficulté réside dans le fait que les visiteurs ont tendance à respecter les consignes tant que des surveillants sont présents, mais retombent dans leurs travers une fois ceux-ci absents.
Pour trouver un équilibre durable entre l’accessibilité pour le public et la préservation de l’œuvre, de nouvelles stratégies sont à l’étude. L’une d’elles consiste à entourer la statue de plantes et de fleurs en pot, une technique déjà employée avec succès dans d’autres lieux, comme pour l’installation artistique numérique The Portal. Ray Yeates, responsable des arts au sein du conseil municipal, confirme l’efficacité de ces « barrières naturelles ».
« Lorsque nous avons installé des pots de fleurs devant le portail, les visiteurs hésitaient à les toucher. »
Ray Yeates, responsable des arts, conseil municipal de Dublin
Malgré ces tentatives, la question de savoir si ces mesures parviendront à éradiquer complètement ce comportement reste ouverte. Ray Yeates admet qu’il est difficile de prédire l’issue.
« Je ne sais pas, c’est la réponse courte. Il s’agit d’un phénomène mondial, les statues sont facilement accessibles au public, les hommes comme les femmes et les animaux sont souvent des objets tactiles », a-t-il déclaré. Le principal défi, selon lui, est de trouver le juste milieu entre l’accès du public et la préservation des œuvres d’art. »
Ray Yeates, responsable des arts, conseil municipal de Dublin
« Nous voulons que la statue soit appréciée par tout le monde, mais nous devons également veiller à ce qu’elle ne soit pas endommagée rapidement », a conclu Yeates.