Home Divertissement La technologie des enzymes UBC efface le premier test humain vers les organes de donneurs universels pour la transplantation

La technologie des enzymes UBC efface le premier test humain vers les organes de donneurs universels pour la transplantation

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Publié le 2025-10-03 17:50:00. Une avancée majeure dans le domaine de la transplantation d’organes a été franchie grâce à la première greffe humaine réussie d’un rein converti du groupe sanguin A en type O universel. Cette prouesse, rendue possible par des enzymes développées à l’Université de la Colombie-Britannique, ouvre la voie à des greffes plus rapides et plus accessibles pour des milliers de patients en attente.

  • Une première mondiale : greffe réussie d’un rein transformé du groupe A en groupe O universel chez un patient humain.
  • Utilisation d’enzymes révolutionnaires pour modifier l’organe et éviter le rejet immunitaire.
  • Potentiel d’améliorer considérablement le taux de réussite et de réduire les délais d’attente pour les greffes rénales.

L’étude, publiée ce jour dans la revue Génie biomédical de la nature, détaille une expérience inédite menée sur un receveur en état de mort cérébrale, avec le consentement de sa famille. Cette approche a permis aux chercheurs d’observer en toute sécurité la réponse immunitaire de l’organisme sans mettre de vie en danger. Pendant 48 heures, le rein greffé a fonctionné sans signe de rejet hyperaigu, une réaction immunitaire fulgurante qui anéantit généralement un organe incompatible en quelques minutes. Bien que certains marqueurs sanguins de type A soient réapparus le troisième jour, provoquant une réaction légère, les dommages étaient considérablement réduits par rapport à un scénario classique, et des signes de tolérance de l’organe par le corps ont été observés.

Le Dr Stephen Withers, professeur émérite de chimie à l’UBC et co-dirigeant du développement enzymatique, s’est réjoui de cette première démonstration sur un modèle humain : « Cela nous offre un aperçu inestimable sur la manière d’améliorer les résultats à long terme. » Cette percée est le fruit de plus d’une décennie de recherche. Au début des années 2010, le Dr Withers et son collègue, le Dr Jayachandran Kizhakkedathu, professeur à l’UBC en pathologie et médecine de laboratoire, se consacraient à la création de sang universel en éliminant les sucres – ou antigènes – qui définissent les groupes sanguins. Ces mêmes antigènes se retrouvent à la surface des organes, et leur incompatibilité avec le système immunitaire du receveur entraîne une attaque. Les patients du groupe O, qui représentent plus de la moitié des personnes en liste d’attente pour une greffe rénale, ne peuvent recevoir que des organes du groupe O. Or, ces organes sont souvent destinés à d’autres receveurs car ils sont universellement compatibles. Par conséquent, les patients de groupe O font face à des délais d’attente de deux à quatre ans supplémentaires, et beaucoup décèdent avant d’avoir pu recevoir une greffe.

Les méthodes conventionnelles pour pallier l’incompatibilité des groupes sanguins lors des transplantations exigent des traitements intensifs de plusieurs jours pour éliminer les anticorps du receveur et immunosupprimer son système immunitaire, ainsi que des organes de donneurs vivants. La nouvelle approche, qui consiste à modifier l’organe plutôt que le patient, promet des transplantations plus rapides, avec moins de complications. Elle ouvre surtout la possibilité d’utiliser, pour la première fois, des organes de donneurs décédés dont le groupe sanguin est incompatible, une avancée capitale lorsque chaque heure compte pour sauver une vie.

La clé de cette technologie réside dans la découverte, en 2019, par l’équipe de l’UBC, de deux enzymes d’une grande efficacité. Ces enzymes sont capables d’éliminer le sucre définissant le sang de type A, le convertissant ainsi en type O. « Ces enzymes sont très actives, très sélectives et fonctionnent à de très faibles concentrations », précise le Dr Kizhakkedathu. « Cela a rendu l’ensemble du concept réalisable. » Le défi suivant a été d’appliquer cette technique à des organes entiers, ce qui a été réalisé en 2022 lorsqu’une équipe de Toronto a démontré la possibilité de convertir des poumons. Après des tests réussis in vitro sur du sang, puis sur des poumons et des reins (en collaboration avec l’Université de Cambridge), la question cruciale restait : un organe ainsi converti pourrait-il survivre au sein d’un système immunitaire humain ?

La réponse est venue fin 2023. « Nos collaborateurs m’ont présenté leurs données. En utilisant nos enzymes, ils avaient converti un rein humain et l’avaient greffé sur un receveur en mort cérébrale. Cela fonctionnait magnifiquement », raconte le Dr Kizhakkedathu, qui a immédiatement contacté le Dr Withers pour partager cette nouvelle enthousiasmante. Les antigènes sanguins agissent comme des étiquettes sur les cellules. Les enzymes de l’UBC fonctionnent comme des ciseaux moléculaires, découpant cette « étiquette » de type A pour révéler le type O sous-jacent. « C’est comme retirer la peinture rouge d’une voiture pour découvrir l’apprêt neutre », illustre le Dr Withers. « Une fois cela fait, le système immunitaire ne considère plus l’organe comme étranger. »

L’approbation réglementaire pour les essais cliniques représente la prochaine étape. La société dérivée, Avivo Biomedical, dirigera le développement de ces enzymes pour les applications de transplantation et permettra la production de sang de donneur universel à la demande pour la médecine transfusionnelle. Le potentiel de cette avancée est immense. « C’est ainsi que la science fondamentale, après des années de recherche, se connecte enfin aux soins des patients », conclut le Dr Withers. « Voir nos découvertes se rapprocher d’un impact réel est ce qui nous motive. »

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