Publié le 16 février 2024 14h35. Une nouvelle étude révèle qu’une simple vibration des tendons avant l’exercice pourrait réduire la sensation d’effort et améliorer les performances sportives, ouvrant la voie à des méthodes pour rendre l’activité physique plus accessible.
- Faire vibrer les tendons d’Achille et du genou pendant dix minutes avant de faire du vélo augmente la puissance produite sans accroître la perception de l’effort.
- Cette technique modifie les signaux envoyés au cerveau, influençant la manière dont l’effort est ressenti.
- Les chercheurs espèrent que ces découvertes pourront aider à motiver les personnes qui ont du mal à maintenir une activité physique régulière.
Des chercheurs de l’Université de Montréal, au Canada, en collaboration avec l’Université Savoie Mont Blanc en France, ont mis en évidence un effet surprenant : la vibration des tendons peut tromper le cerveau et rendre l’exercice moins pénible. L’étude, publiée dans le Journal des sciences du sport et de la santé, suggère que cette approche pourrait aider à surmonter les obstacles psychologiques à l’activité physique.
L’expérience a consisté à demander à des volontaires de réaliser des séances de vélo stationnaire après avoir reçu, ou non, une stimulation vibratoire de leurs tendons d’Achille et du genou pendant dix minutes. Les résultats ont démontré que les participants ayant bénéficié de la vibration produisaient plus de puissance et affichaient une fréquence cardiaque plus élevée, sans pour autant signaler une augmentation de leur effort perçu.
Selon le professeur Benjamin Pageaux, de l’École de kinésiologie et des sciences de l’activité physique de l’Université de Montréal, ce phénomène s’explique par une modification de la communication entre les muscles et le cerveau.
« En fonction de l’amplitude et de la fréquence de la vibration, nous pouvons soit exciter, soit inhiber les neurones de la moelle épinière. Des vibrations prolongées modifient la réactivité des fuseaux neuromusculaires et altèrent le signal envoyé au cerveau. »
Il explique que ces vibrations agissent sur les « signaux d’effort », remodelant ainsi la perception de l’activité physique.
L’objectif ultime de ces recherches est de comprendre comment réduire la sensation d’effort pour encourager un mode de vie plus actif. La perception de la difficulté est un facteur déterminant dans la persévérance : un exercice perçu comme trop difficile est plus susceptible d’être abandonné, tandis qu’un effort gérable devient plus agréable et facile à maintenir sur le long terme.
Bien que les tests aient été limités à de courtes séances de cyclisme (trois minutes), les chercheurs envisagent d’étudier l’efficacité de cette technique dans des contextes plus exigeants, comme lors d’un marathon. Ils prévoient également d’utiliser l’électroencéphalographie et l’IRM pour analyser l’activité cérébrale pendant l’exercice et mieux comprendre les mécanismes neuronaux impliqués. Parallèlement, ils étudient le processus inverse, c’est-à-dire comment la douleur et la fatigue amplifient la sensation d’effort.
En décryptant les liens entre l’effort et la récompense perçue pendant l’exercice, les chercheurs espèrent développer des stratégies innovantes pour promouvoir une activité physique plus régulière et aider davantage de personnes à adopter un mode de vie sain.