Publié le 16 février 2026 à 00h01. Les dirigeants d’entreprises autrichiennes affichent un niveau de pessimisme record face à l’avenir économique, contrastant fortement avec l’optimisme global observé à l’échelle internationale. L’incertitude macroéconomique, les cybermenaces et l’inflation sont au cœur de leurs préoccupations.
- Seulement 24 % des PDG autrichiens s’attendent à une croissance économique, contre 61 % au niveau mondial.
- Les incertitudes macroéconomiques, les cyber-risques et l’inflation sont les principaux défis identifiés par les dirigeants autrichiens.
- L’adoption de l’intelligence artificielle par les entreprises autrichiennes reste à un stade préliminaire, avec peu d’impact significatif sur les ventes.
L’enquête CEO Survey 2026, menée par PwC, révèle un fossé grandissant entre la confiance des dirigeants autrichiens et celle de leurs homologues internationaux. Alors que plus de la moitié des chefs d’entreprise dans le monde envisagent d’investir à l’étranger, seulement 40 % des Autrichiens partagent cette intention. Cette prudence se traduit par une perte de confiance dans le développement de leurs propres entreprises : seuls 12 % des managers autrichiens estiment pouvoir augmenter leurs ventes au cours des douze prochains mois, un chiffre en baisse par rapport à la moyenne mondiale de 30 %, qui atteint également son point le plus bas depuis cinq ans.
Les dirigeants autrichiens sont particulièrement préoccupés par les incertitudes macroéconomiques (24 %), les cyber-risques (24 %) et l’inflation (18 %). Ces défis immédiats accaparent une part importante de leur temps, au détriment de la planification stratégique à long terme. Selon Rudolf Krickl, PDG de PwC Autriche, « le manque de temps pour les questions stratégiques est alarmant, car c’est aujourd’hui que se dessine le cap pour l’avenir ». L’étude montre que les chefs d’entreprise autrichiens consacrent 56 % de leur temps à la résolution de problèmes à court terme, contre seulement 11 % à la planification sur cinq ans.
Rudolf Krickl conseille aux PDG de « consciemment créer un espace pour les questions futures – par la délégation, par des processus plus efficaces et, surtout, par une utilisation intelligente de l’intelligence artificielle ». Il souligne que l’investissement dans l’innovation est crucial pour assurer un avantage concurrentiel durable.
L’intelligence artificielle, bien que très médiatisée, peine à se traduire en résultats concrets pour les entreprises autrichiennes. Seulement 18 % des PDG nationaux ont constaté une augmentation de leurs ventes grâce à l’IA. La majorité des entreprises expérimentent, mais n’intègrent pas encore l’IA de manière stratégique dans leurs modèles économiques.
« L’intelligence artificielle est sur toutes les lèvres, mais elle échoue souvent en raison de sa mise en œuvre. Le principal défi ne réside pas dans la technologie elle-même, mais dans sa mise à l’échelle stratégique. Une véritable transformation signifie repenser fondamentalement les processus et utiliser l’IA comme un catalyseur pour de nouveaux modèles commerciaux, et non comme un pansement pour les anciennes structures. »
Rudolf Krickl, PDG de PwC Autriche
Selon l’enquête, 68 % des PDG autrichiens s’inquiètent de la nécessité de transformer rapidement leur entreprise pour s’adapter aux évolutions technologiques et à l’IA. Cependant, ceux qui investissent dans l’innovation en récoltent les fruits : 29 % des PDG autrichiens déclarent que 10 à 20 % de leur chiffre d’affaires total proviennent de produits et services lancés au cours des trois dernières années.
En matière d’investissements à l’étranger, les États-Unis et l’Allemagne restent les marchés privilégiés des dirigeants autrichiens (24 % chacun), malgré les difficultés croissantes d’accès au marché américain en raison des droits de douane et des barrières commerciales. Au niveau mondial, les États-Unis dominent avec 35 %, suivis par l’Inde, le Royaume-Uni et l’Allemagne (13 % chacun).