Publié le 2025-10-21 15:32:00. De nouveaux détails sur le bail du Prince Andrew au Royal Lodge de Windsor révèlent des paiements initiaux massifs qui expliquent comment le duc d’York peut maintenir son style de vie malgré la perte de ses engagements royaux et les controverses entourant sa relation avec Jeffrey Epstein.
- Le Prince Andrew a versé environ 8 millions de livres sterling (environ 9,3 millions d’euros) en paiement forfaitaire pour un bail de 75 ans du Royal Lodge, s’acquittant ainsi de son loyer futur et couvrant des rénovations substantielles.
- Ce montage financier, scellé en 2003, lui permet de résider dans la propriété de 30 pièces sans payer de loyer annuel symbolique depuis, alors qu’il a renoncé à ses titres royaux la semaine dernière.
- La structure du bail, qualifié de « grain de poivre » (un montant symbolique), et les clauses de remboursement potentiel en cas de départ anticipé, expliquent sa réticence à quitter le domaine.
Ces révélations surviennent dans un contexte de controverse accrue entourant le prince Andrew, notamment suite aux nouvelles allégations d’abus sexuels formulées par Virginia Giuffre dans ses mémoires posthumes. Bien que le prince Andrew ait toujours nié ces accusations, la question de son indépendance financière et de son train de vie, même en tant que membre non actif de la famille royale, se pose avec acuité.
Le bail du Royal Lodge, une résidence classée Grade II sur le domaine de Windsor, a été signé en 2003 avec le Crown Estate, une société immobilière indépendante appartenant à la Couronne. L’accord initial impliquait un loyer théorique de 260 000 livres sterling par an. Les paiements forfaitaires effectués par le prince Andrew couvraient l’équivalent d’environ 33 années de ce loyer, rendant les années suivantes effectivement gratuites. Les rénovations, initialement prévues à 5 millions de livres sterling, ont finalement coûté au prince plus de 7,5 millions de livres sterling, selon un rapport du National Audit Office (NAO).
Le bail impose également au prince Andrew la responsabilité de l’entretien du Royal Lodge, y compris la maçonnerie extérieure et la peinture intérieure, ainsi que l’entretien des jardins. Des clauses spécifiques interdisent notamment l’atterrissage d’hélicoptères et l’organisation de jeux sur la propriété. Ce montage était à l’époque jugé plus avantageux pour le contribuable que si la résidence avait été occupée sans contrepartie commerciale, et plus simple pour le Crown Estate compte tenu des impératifs de sécurité sur le domaine de Windsor.
La fin du soutien financier de la famille royale au prince Andrew, décidée par le Roi l’année dernière, soulève des interrogations sur la manière dont il couvre désormais des coûts tels que la sécurité et l’entretien de la propriété. L’accord de bail prévoit également une clause de remboursement partiel en cas de départ anticipé, dégressif avec le temps. Après plus de 22 ans dans les lieux, le montant récupérable a considérablement diminué. Le bail, qui court jusqu’en juin 2078, inclut la possibilité pour son ex-femme Sarah Ferguson, ainsi que pour leurs filles, les princesses Beatrice et Eugenie, de continuer à y résider.
Des voix politiques s’élèvent pour demander des comptes. La présidente du comité du Trésor des Communes, Dame Meg Hillier, a insisté sur la nécessité d’obtenir des réponses pour s’assurer qu’aucun denier public n’a été détourné. Le secrétaire d’État fantôme à la Justice, Robert Jenrick, a déclaré qu’il était temps pour le prince Andrew de « vivre en privé et de suivre sa propre voie ». Quant à la porte-parole des Libéraux-Démocrates, Lisa Smart, elle a estimé que le prince Andrew « devrait faire preuve de repentir en restituant chaque centime de loyer qu’il n’a pas payé tout en déshonorant sa fonction ».