Home International L’action climatique n’est pas morte. Ce n’est tout simplement pas concentré sur les États-Unis

L’action climatique n’est pas morte. Ce n’est tout simplement pas concentré sur les États-Unis

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Londres, un cœur battant pour le climat, mais le centre de gravité mondial s’est déplacé. La récente Semaine de l’Action pour le Climat, qui a vu 700 événements rassembler 45 000 participants dans la capitale britannique, confirme une tendance de fond : si la lutte contre le réchauffement climatique bat son plein, les États-Unis ne sont plus la seule boussole. La scène internationale, elle, tourne désormais différemment.

Cette évolution n’est pas qu’une affaire d’échelle. Si Londres a pulvérisé ses records de participation pour cet événement, c’est bien le contenu des échanges qui témoigne du changement. Les investisseurs parlent de plus en plus d’opportunités en dehors des États-Unis, notamment en Asie et en Europe. Pendant ce temps, les acteurs climatiques de renom s’interrogent sur la pertinence de leur présence à la Semaine du Climat de New York, traditionnellement un rendez-vous incontournable en septembre. Dans ce contexte, les responsables britanniques mettent en avant leur ambition de devenir une plaque tournante mondiale pour la finance durable.

« Alors que les investisseurs scrutent le monde à la recherche d’endroits où placer leurs capitaux, je pense que nous sommes dans une position très favorable, compte tenu de la situation géopolitique », analyse Chris Hayward, président politique de la City de Londres, le cœur historique et financier de la métropole. Le message est clair : l’ancienne économie fait le pari de la transition énergétique, y voyant une formidable opportunité économique.

Le moteur de ce changement global, palpable à Londres, réside dans l’approche pragmatique des entreprises. La plupart des acteurs économiques présents cette semaine ont intensifié leurs efforts pour générer des profits ou réduire leurs coûts grâce à des initiatives climatiques et de développement durable. Qu’il s’agisse d’une entreprise industrielle qui optimise ses factures d’énergie ou d’une société financière qui crée de nouveaux produits pour orienter les investissements vers les énergies renouvelables, l’objectif est le même : la rentabilité.

Cette réalité, axée sur le profit, risque de laisser les États-Unis à la traîne, plombés par l’incertitude politique. Les données publiées durant la semaine confirment cette tendance. Une enquête menée auprès de dirigeants d’entreprises mondiales par le Conseil mondial des entreprises pour le développement durable (WBCSD) et Bain & Company révèle que les grandes entreprises internationales continuent d’investir dans les solutions vertes, mais qu’elles réorientent ces investissements, les retirant des États-Unis au profit de l’Europe et de l’Asie. Trois quarts des entreprises interrogées ont exprimé un intérêt croissant pour ces régions.

Pour autant, le combat pour le climat aux États-Unis n’est pas terminé. Le rapport du WBCSD indique que 50 % des entreprises sont moins intéressées par les investissements climatiques outre-Atlantique. Si ce chiffre est frappant à l’échelle mondiale, il signifie qu’une fraction non négligeable des entreprises mondiales y voit encore un potentiel.

Lors de discussions informelles, de nombreux dirigeants américains, issus des milieux d’affaires et financiers, ont affirmé continuer à identifier des opportunités de réduction des émissions qui leur permettent de réaliser des économies. Certains ont cependant confié craindre que leur prise de parole publique n’attire l’attention des autorités. « Les entreprises n’abandonnent pas le chemin de la décarbonation », constate Peter Bakker, président et directeur général du WBCSD. « Selon leur localisation, elles sont plus ou moins disposées à en parler. »

L’auteur de ces lignes a d’ailleurs été surpris par les réactions à son propre sondage informel sur la Semaine du Climat de New York. Interrogés sur leur approche de l’événement, nombre de responsables du développement durable ont d’abord envisagé de se retirer, avant que la grande majorité ne confirme son intention de maintenir leur présence, peut-être avec une empreinte réduite par rapport aux années précédentes.

Le calibrage du message à New York cet automne sera particulièrement intéressant. En plus d’une décennie passée sur ce sujet, jamais l’auteur n’a ressenti une telle réticence de la part des dirigeants d’entreprise à s’exprimer officiellement. De nombreuses sources habituelles ont préféré parler sous couvert d’anonymat, méfiantes des conséquences politiques d’une parole franche, tout en se montrant désireuses de partager leurs actions. Si cela rend la narration plus complexe, cela reste une bonne nouvelle pour ceux dont la principale préoccupation est de savoir si les entreprises continuent de se concentrer sur la réduction des émissions.

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